Pour que le public francophone s'intéresse à un artiste néerlandophone (mais c'est généralement vrai également dans le sens Nord-Sud), il faut bien souvent lui vendre un chat dans un sac, par exemple avec un titre racoleur, suggérant ici une opinion communautaire politiquement incorrecte. Cet article aurait-il été lu avec les titres "Tom Pintens sort un deuxième album solo" ou même "Tom Pintens, l'après-Zita Swoon" (un groupe flamand qui chante en anglais et en français, et qui a réussi à s'exporter au-delà des frontières du plat pays)? Si vous estimez avoir atterri sur un article qui ne vous intéresse pas le moins du monde, vous avez la réponse.
Tom Pintens, musicien multi-instrumentiste de la scène anversoise connu entre autres pour ses services de guitariste au sein des groupes Flowers For Breakfast et Zita Swoon, vient de publier en ce mois de février un nouvel album solo intitulé Winter maakt ons vrolijk, promu par le single In Charleroi. Tom a signé la musique, sa compagne, l'actrice Ellen Schoenaerts, a écrit les textes, dans la langue d'Hugo Claus.
L'artiste s'est entouré de Stijn Cole au piano, Mirko Banovic à la basse et Stoffel Verlackt à la batterie. "Je ne voulais pas travailler seul. Pour mon premier opus solo, j'ai passé trois mois sur la production. Je ne dis pas que je ne ferai plus jamais un tel bricolage. En principe, je peux jouer tous les instruments. Mais passer autant de temps à travailler seul à la maison, c'était épuisant. Et ça dure plus longtemps", a expliqué Pintens au journal flamand De Standaard.
"Je ne suis plus membre de Zita Swoon", a par ailleurs rappelé Tom. "Je ne savais plus où était ma place et dans quelle direction le groupe avançait (...) C'est mieux comme ça, pour eux comme pour moi", juge-t-il.
Comme son titre peut le suggérer, l'album Winter maakt ons vrolijk joue sur les paradoxes et est tantôt fataliste, tantôt plein d'espoir. L'album évoque entre autres les saisons, l'amour et la politique. Dans son single In Charleroi, Pintens chante avec autant d'ironie que de poésie: "On n'aime pas la politique, à Charleroi, mais on s'aime, à Charleroi" ou encore "Les bandits sont notoires, à Charleroi, mais ils font si peu de mal, à Charleroi".
"Charleroi, ne parle pas spécifiquement de Charleroi. Je connais peu de choses sur cette ville. C'est une chanson sur l'habitude typique de notre époque d'assombrir une situation, alors qu'on peut aussi trouver des éléments positifs", a clarifié le musicien. "La chanson pourrait aussi bien évoquer Anvers ou Bruxelles", a-t-il ajouté.
Influencée par Radiohead et rappelant parfois José Gonzalez, la musique de Tom Pintens nage entre pop, rock, folk et quelques gouttes synthétiques. L'album véhicule des impressions de douceur, de plaisir secret et d'une présence fantomatique.
"Je ne sais pas dans quel sens ça va aller", avoue Tom Pintens à propos de son projet solo relancé. "Est-ce que mon disque sera diffusé en radio? (...) J'ai tourné un clip pour In Charleroi (que vous pouvez visionner en lançant la vidéo YouTube ci-dessous, ndlr), mais je ne pense pas qu'il passera. Mais je m'en fous (en français dans le texte, ndlr). Je n'ai jamais pensé à un single pendant que je faisais l'album", confie-t-il.
"Pour la première fois depuis longtemps, je ne joue plus dans un groupe, et je ne dois donc plus tourner à l'étranger. Je n'ai pas de production en retard. C'est au jour le jour", achève le musicien, producteur à ses heures. Outre des dates en Flandre et aux Pays-Bas, la tournée de Tom Pintens le mènera le 31 mars à Bruxelles, pour un concert à l'Ancienne Belgique.
Sébastien Cools


