Vendredi soir, à l’Orangerie du Botanique, le groupe de rock français Luke venait défendre son troisième opus, Les enfants de Saturne, sorti en septembre. Après avoir enflammé l’Olympia à Paris jeudi, Luke retrouvait donc une plus petite salle en débarquant à Bruxelles, car si le groupe rassemble les foules sur le sol français, le public belge semble plus lent à s’enflammer. Pourtant, pourtant... Même s’il est souvent comparé à Noir Désir, le groupe a démontré lors de cette soirée qu’il avait sa propre personnalité et que ses influences sont à chercher aussi bien dans Sonic Youth, les Pixies ou même The Cure.
Débutant leur concert avec A l’intérieur et La nuit et le jour, ils enchaînaient sur le premier single de leur nouvel album: La terre ferme. De quoi réchauffer le public, qui semblait un peu perdu. S’en suivait dans le délire, l’un de leur grand succès Soledad (présent sur La tête en arrière, disque qui les a propulsés sur le devant de la scène rock française). Offrant des versions revisitées de Comme un homme ou de la superbe Zoé, Luke se permettait même de changer quelques paroles en l’honneur de son public belge, en transformant Petite France en « Petite Flandre », un clin d’œil qui en aura fait sourire plus d’un.
Plus proche de son public que lors de sa tournée précédente, le groupe, et en particulier son leader Thomas Boulard, a perdu de sa froideur pour gagner en simplicité, en sincérité, mais surtout en professionnalisme. Un travail d’écriture plus poussé, des guitares plus présentes et des sonorités plus recherchées (notamment sur Il y a longtemps-Los Esperados ou l’hymne Je suis Cuba) qui évoquent le talentueux Johnny Greenwood de Radiohead: de quoi promettre un bel avenir au groupe sur la scène rock francophone.
Reste à Luke à tenir la distance… Si le public a accroché, il n’a pas semblé totalement conquis. Peut-être que la date belge de la tournée était trop proche de la sortie de l’album et que le public n’avait pas encore eu le temps de s’approprier totalement ce nouvel opus. C’est d’ailleurs surtout sur les anciens morceaux que l’ambiance montait au cran le plus haut. Deux rappels un peu mollassons n’auront pas entamé l’enthousiasme du groupe, qui s’est donné sans compter à son public bruxellois notamment avec leur deuxième retour et leur Sentinelle déjantée. On espère revoir Luke dans quelques mois sur le sol belge et que d’ici là, les Belges auront atterri sur la planète Saturne. Hasta siempre camarades! (CA)


