Un bec du Québec

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Par: rédaction
13/05/09 - 11h55
Entre ses grimaces et hurlements, sa parade interactive dans la fosse et ses jets de bière, la chanteuse intenable de Duchess Says était la source principale d'animation mais a eu tendance à vampiriser l'attention.
Le quintette Karkwa a montré le chemin vers des horizons surréalistes, avec son post-rock tantôt mélodique, tantôt atmosphérique.
L'énergie de la pop bigarrée, subtilement tricotée et décousue du quatuor Malajube devait faire sombrer un peu plus la santé mentale des spectateurs.

Les Nuits du Botanique ont pris mardi une couleur très québécoise: outre la chanteuse Coeur de Pirate, les organisateurs avaient aussi prévu une "Nuit Québec", avec les groupes Karkwa, Malajube et Duchess Says. Vu le succès de la première, un échange de salles avait été opéré, transférant les trois autres de l'Orangerie vers la Rotonde. Un déménagement qui n'a pas nui à l'ambiance, bien au contraire.

Cette Nuit Québec, "ça va être le fun!", prédisait très justement le chanteur de Karkwa, quintette chargé d'ouvrir les hostilités. Au-delà d'un voyage à la (re)découverte de la musique de nos cousins d'outre-Atlantique, la soirée allait offrir un naufrage sensoriel vers des profondeurs rarement explorées.

Ayant la particularité d'évoluer avec deux percussionnistes, le groupe Karkwa a montré le chemin vers des horizons surréalistes, avec son post-rock tantôt mélodique, tantôt atmosphérique. Actifs depuis plus de 10 ans, Louis-Jean Cormier et sa bande étaient venus souffler jusqu'ici les airs de leur troisième album, Le volume du vent. Les absents pourront encore les voir cet été à Dour et à Spa.

La santé mentale des spectateurs devait sombrer un peu plus avec la pop bigarrée, subtilement tricotée et décousue du quatuor Malajube, dont l'énergie n'a pas contaminé instantanément l'ensemble du public cependant. Venus faire parler de leur récent opus Labyrinthes -notamment au moyen du single Porté disparu-, les Montréalais ont aussi ressorti plusieurs pièces de Trompe-l'oeil, dont Montréal -40°C, Pâte Filo, Casse-cou et Etienne d'Août.

La chute vers les abysses allait s'achever avec Duchess Says (et pas en douceur!). Même si le premier morceau fait peur, l'électro-punk lourd et déjanté du quatuor a tôt fait de convaincre, surtout grâce au batteur et à la chanteuse intenable. Entre ses grimaces et hurlements, sa parade interactive dans la fosse et ses jets de bière, cette Annie-Claude Deschênes, complètement rock 'n' roll, était la source principale d'animation mais a eu tendance à vampiriser l'attention. Sans être d'un charme extrême musicalement, le groupe a séduit sans difficulté grâce à l'ambiance euphorique et délurée imposée par sa figure de proue.

Sébastien Cools

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