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Christophe Willem est de retour: "je suis très chiant!"

Etonnant. C'est le premier mot qui nous vient à l'esprit à l'écoute du deuxième disque de Christophe Willem. Berlin déjà avait quelque peu secoué nos oreilles à sa sortie avant de finalement s'y faire une place de choix. C'est le cas pour le reste du disque, étourdissant. Très électro, il nous emmène sur les rivages que Christophe avait déjà empruntés lors de la tournée qui suivait la sortir de son premier
album, Inventaire.

Caféïne porte bien son nom puisqu'il vous garde les yeux bien ouverts et vous fait gigoter les jambes. Un album de rupture dans la continuité, donc...

"Avec Caféine, il y avait l'envie de partir ailleurs, de ne pas essayer de faire Inventaire bis", nous explique Christophe Willem. "Je ne voulais plus qu'il y a ce référent par rapport à ce que j'avais fait avant. C'était important de faire table rase. Même si on retrouve cette veine un peu électro dans des titres comme Bombe anatomique, par exemple, et que c'est donc une continuité, c'est en rupture quand même, par rapport à avant."

Entre la fin de la tournée d'Inventaire et aujourd'hui, vous avez disparu de la circulation médiatique...
C'est important, aussi bien pour moi que pour le public. Parce que sinon on se perd un peu soi-même. J'ai eu besoin de faire le vide. Comme entre l'émission et Inventaire d'ailleurs. Sinon, on rentre dans une routine. Alors que la sortie d'un album c'est quand même évenementiel. Ca permet de prendre du recul, de faire le point sur ce qu'on a envie de faire.

Au vu du succès fou d'Inventaire, vous vous sentiez angoissé quand est venu le temps de travailler sur Caféine?
Pas trop. Les différentes équipes qui se trouvent sur l'album, je les ai constituées quand j'étais en tournée. Je suis parti en studio en
septembre. J'étais encore dans l'énergie de la scène, de ce que ça procure, donc c'était plus là-dedans que dans l'angoisse.

Vous avez à nouveau collaboré avec Zazie. C'était évident?
J'avais envie qu'il y ait une continuité par rapport au premier album, c'est elle qui l'a faite. Je voulais mettre en valeur aussi notre histoire d'amitié. L'affection qu'on a l'un pour l'autre n'a pas uniquement existé pendant le premier album. Elle n'a que deux titres sur le disque parce que le son est tellement différent de ce qu'elle fait elle, je ne voulais pas la mettre mal à l'aise avec des titres sur lesquels elle allait vraiment se prendre la tête. Je voulais qu'elle se sente bien.

Vous vous offrez également un duo avec Kylie Minogue. Comment ça s'est passé?
Par le biais de Guy Chambers, avec lequel elle a beaucoup travaillé. J'ai travaillé avec lui sur le titre Heartbox. Je lui ai dit que j'étais très fan. Il m'a dit "tu sais, Sensitized, le titre qui est sur son album, c'est moi qui l'ai produit. Sachant que c'est fait avec un sample de Gainsbourg et qu'elle aime beaucoup la France, ça serait un chouette clin d'oeil de faire ça avec un Français qui chante en français." Donc avec Skye, on a co-écrit la nuit même, on lui a envoyé, elle a répondu très vite, elle a adoré. On s'est revu pour le mix. Elle est venue en studio l'écouter. C'était improbable et facile.

Vous laissez justement une grande place à Skye, qui vous accompagnait sur scène lors de la tournée...
Je suis très sensible à son écriture. Elle a un vrai talent. Sur la tournée, on a créé des liens très forts. Quand je l'ai rencontrée, je savais qu'on travaillerait ensemble un jour. C'est bien de montrer que dans ce milieu-là, il peut y avoir des vraies amitiés sincères qui naissent du travail qu'on fait ensemble.

Pouvez-vous nous expliquer la photo de la pochette du disque?
C'est un stylise qui a ramené la chapka. On en est tombé amoureux. Je trouvais qu'il y avait un côté graphique très intéresssant. Il fallait que ça soit une photo assez forte pour montrer que j'assumais pleinement l'album. Et puis la chapka a un côté un peu protecteur, douillet. Et comme l'album raconte aussi une histoire d'amour, elle avait aussi le côté obscur d'une histoire d'amour. Ca ramenait au coeur de l'album.

Et vous vous affichez encore avec vos lunettes alors que vous n'en avez plus besoin...
J'en ai encore mais je ne les mets pas tout le temps. Je me suis fait opérer mais j'en ai encore besoin. Ce jour-là, avec la chapka, c'était
mieux avec les lunettes sinon on ne me reconnaissait pas.

Cet album raconte donc une histoire d'amour. Il vous fallait un fil conducteur?
Je voulais un concept, avec un début et une fin. Je suis très chiant. Genre, au mastering, c'est moi qui ai choisi la longueur des blancs entre les chansons. Entre certains titres, il y a un blanc plus long, entre d'autres, il n'y en a pas. Parfois les choses s'entraînent d'elles-mêmes, parfois il faut une respiration. Les gens ne vont peut-être pas écouter l'album dans l'ordre mais c'est bien de le faire pour la première écoute, histoire de réellement comprendre la démarche.

On vous a fait plus confiance pour cet album-là que pour le premier?
J'ai pris les rênes plus tôt dans le projet. J'ai dit: je vais faire des titres avec des gens et je reviens avec l'album. C'est exceptionnel.
Je n'avais plus la crainte de me dire: est-ce que ça va plaire. Non, tu fais un album, tu fais une proposition artistique, point. J'ai de
la chance qu'Inventaire ait bien marché.

Vous déclariez récemment que vous ne pouviez pas aller sur le plateau de La nouvelle star. C'est toujours le cas?
Oui. J'étais en contrat avec Nineteen, le concepteur du programme, parce que c'est comme ça quand on sort. J'ai cassé mon contrat parce qu'ils ne voulaient pas le renégocier et du coup, ils ne veulent pas que j'aille dans leur émission. Je peux comprendre leur point de vue et je comprends qu'on puisse dire "bien fait pour sa gueule". M6 est coproducteur du disque et je trouve ça dingue qu'une chaîne ne puisse pas dire: attendez, on fait ce qu'on veut sur notre chaîne. Ce qui me fait halluciner, c'est que Nineteen touche des royalties sur mon disque. Je trouve ça malsain. Mais bon, il n'y a pas mort d'homme. J'irai avec plaisir si on me le propose.

Cette année, à La Nouvelle Star, on attend désespéremment le Christophe Willem ou le Julien Doré, quelqu'un qui va faire quelque chose avec les chansons qu'on lui propose...
On me dit souvent que le casting est moins bon. C'est vrai que les gens sont un peu plus effacés. J'aimais bien Dalé et, tout le monde se
moque de moi, mais j'aime bien Leïla. Elle a une vraie folie. Je me dis: on s'en fout de chanter très très bien, moi ce qui m'intéresse ce sont les gens qui ont une vraie personnalité.

Vous pensez déjà à la tournée?
Oui. C'est pour début 2010. J'ai plein d'axes différents. Pour moi, l'album est très produit donc les gens vont attendre autre chose que du son. Il faut donc un visuel très fort. Soit ça passe par une grande salle qui permet d'avoir des écrans et des choses comme ça, soit des salles plus petites où tout l'argent qu'on n'investira pas dans la taille de la salle, on va l'investir dans la déco, dans un concept de salle.
Pour l'instant, je me tâte encore. Mais ça sera visuel.

Déborah Laurent
25/05/09 11h41
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