Petit miracle du week-end: Soan, le dernier gagnant en date de La Nouvelle Star, nous a parlé. Le chanteur est connu tant pour la qualité de certaines de ses interprétations sur les primes de l'émission que pour sa rébellion permanente. Depuis sa sortie du télé crochet de M6, c'est bien simple: il n'a donné que quelques interviews à des journalistes triés sur le volet. Faire sa promo, il s'en fout, il ne parle que quand il a des choses à dire.
Soan nous a accordé une petite minute de son temps, le temps de fumer une cigarette en fait, juste avant un concert sur la scène de Spa-Francorchamps, pour revenir brièvement sur ces dernières semaines et son avenir musical qui se profile à l'horizon.
Vous êtes en tournée actuellement avec Camélia-Jordana, Leïla, Thomas et Dalé. Comment ça se passe?
Ca va mais vu que je fais mon disque en même temps, je suis ultra fatigué, donc ça gâche quelque peur le plaisir. Mais une fois que la première note est lancée, l'adrénaline compense. Mais je suis content d'être en Belgique, c'est la terre de Brel.
Justement, la préparation de l'album avance bien?
Ca se passe bien, mais la fatigue fait qu'on en a marre. Mais ça se passe bien, je travaille avec des gens supers, dont un Belge, qui fait une réal de fou, ça prend une autre dimension.
C'est facile d'imposer ses choix quand on sort d'une émission comme La Nouvelle Star?
En fait, oui. Moi, si c'est non, c'est non. Ils n'ont pas de fusils à pompe pointés sur moi non plus. Ca se passe comme je l'ai souhaité ou ça ne se passe pas. Je ne suis pas prêt à tout pour faire un disque. Je fais du théâtre. Ca sera de la musique ou ça sera autre chose, j'ai besoin de faire de l'art, mais ça ne sera pas à tout prix.
Un titre circule actuellement sur la toile: Putain de ballerine. On dit que c'est votre premier single, c'est vrai?
Non, c'est une rumeur, mais ça me fait marrer que les gens disent ça parce qu'il n'a tellement pas un format single... Mais ça veut peut-être dire que les gens sont prêts à entendre ça comme single et que les maisons de disques nous font chier et qu'on pourrait prendre un peu plus de liberté.
L'album sera dans cette veine-là, malgré tout?
Oui, et j'ai envie de montrer qu'on peut faire des chansons commerciales, enfin, c'est-à-dire qui se vendent, sans se vendre. La crise du disque ce n'est pas qu'une question d'argent, c'est aussi une question qui veut qu'il n'y ait que des merdes qui sortent.
Depuis votre sortie de l'émission, vous avez été pas mal décrié.
C'est bien ça. Je pense que personne n'a de bonnes raisons de me détester, parce que personne ne sait vraiment qui je suis. Ca, c'est l'effet télé. Les gens ne savent pas qui je suis, je dis pas mal de conneries aux journalistes pour rigoler. En fait, les gens n'ont pas d'humour. Sauf peut-être ici, en Belgique, où le second degré est plus connu. Je vois des gens comme Virginie Efira, Poelvoorde, le second degré c'est une manière de plaire ici. Mais je pense aussi que ça arrange bien les gens de ne pas me comprendre. C'est plus facile pour eux de me faire passer pour un ouf, ça fait vendre leurs journaux. Mais on a quand même raconté pas mal de conneries, comme le fait que j'avais menacé Leïla. C'est n'importe quoi!
Déborah Laurent


