Un magnifique vendredi soir sur la terre
Les rues de Spa étaient encore bien calmes hier soir. Mais il ne fallait pas s'y fier pour autant: les Francofolies ont bel et bien commencé, avec un jour d'avance et complètement dédié à Francis Cabrel. C'est la première fois que l'artiste mettait le pied sur la scène Pierre Rapsat, il était donc fortement attendu.
Sans surprise, Cabrel a emballé le public venu en nombre et bien décidé à en profiter. C'est que son énergie et son plaisir d'être là étaient communicatifs. Et puis comment ne pas succomber à sa
Cabane du pêcheur, balancée dès son entrée en scène. Ravi, le chanteur ne pouvait que constater que Spa avait "le rythme dans la peau."
Des tubes, évidemment, il y en a eu à la pelle:
Assis sur le rebord du monde, La robe et l'échelle, La corrida, L'encre de tes yeux, Petite Marie, Encore et encore... Dire qu'ils faisaient partie des plus beaux moments est difficile: le concert en entier fut excellent. Francis Cabrel a toujours été un artiste particulièrement généreux et il n'a pas failli à sa réputation.
Au balcon de l'hôtel de ville, un fan reproduisait les accords (du moins, on suppose), sa guitare à la main, des chansons qu'il connaissait par coeur. Devant moi, les couples fredonnaient les titres, qui rendaient "l'âme amoureuse", en se regardant dans le blanc des yeux, tandis que Cabrel n'en finissait plus de sourire, baigné dans une lumière tantôt bleu nuit, tantôt rose profond, la même que sur la pochette du disque
Les beaux dégâts. "C'est beau vu d'ici", constatait-il avec bonheur.
Le Village est pris de fièvreAlors que le premier rappel venait d'avoir lieu pour Cabrel, le Village Francofou était pris de fièvre. Martin Solveig a rendu Spa complètement hystérique. Tubes sur tubes, le Frenchie a enchaîné les tubes et a quitté la scène devant une armada de bras levés. Un choix intelligent de programmation pour un premier soir. L'ambiance festive ne donnait envie que d'une chose: revenir le lendemain. Mais avant de penser au jour suivant, il restait à profiter des prestations de Soldout et de Tom Barman.
Et c'est une bière à la main, en profitant de l'air doux de cet agréable vendredi soir et en regardant les jeunes se trémousser comme des beaux diables que je l'ai fait: c'est que les Francos, ça se joue sur la durée. Il faut bien calculer son coup pour tenir jusqu'au dernier jour. Allez, le jour suivant, c'est déjà maintenant...
Déborah Laurent