On attendait avec une véritable impatience le nouvel album de Muse. Black Holes et Revelations, sorti dans les premiers jours du mois de juillet 2006, nous avait bluffé. Ce quatrième disque offrait au groupe anglais une reconnaissance au niveau mondial. Normal: il était audacieux, puissant et prenait une ampleur fabuleuse en live. Ceux qui ont assisté à leur prestation à Werchter à l'époque savent de quoi je parle.
Donc, voilà, son successeur est dans les bacs. Et même si on ne peut à nouveau que saluer la puissance musicale du groupe, on ne peut s'empêcher de ressentir une petite pointe de déception. The Resistance, amené par l'excellent Unprising et clôturé par un pompeux Exogenesis, découpé en trois parties bien distinctes, sur lequel Matthew Bellamy, la tête pensante, travaille depuis des années, est tartiné de cuivres, de synthé, de guitares, de claviers, de choeurs... Le son est lourd, trop, et Bellamy louche sans réserve du côté de Freddy Mercury.
Le groupe avait annoncé que ce nouvel album serait "le plus ambitieux à composer". Le leader de la bande, qui ne cache pas son obsession pour Rachmaninov, avait notamment expliqué que le groupe arrangeait lui-même tous les détails au niveau de l'ochestre philarmonique. Ce qui est sans doute du perfectionnisme peut également passer pour un peu de prétention.
Bellamy parle de s'accorder plus de liberté en faisant cela, on a plutôt l'impression que ça étouffe le groupe et empêche toute spontanéité. Et pourtant, c'est elle qui fait de Muse un groupe incontournable en live. On ne doute pas d'ailleurs que la tournée à venir (la date annoncée au Sportpaleis d'Anvers -le 2 novembre- a affiché complet dès son annonce) sera sensationnelle: Bellamy et ses camarades sont de vraies bêtes de scène.
Dé.L.


