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À l'occasion du jubilé de la reine d'Angleterre, une cinquantaine de demandeurs d'emploi, bénévoles tout au long du week-end, ont déclaré avoir été traités comme des moins que rien en étant notamment contraints de dormir sous le London Bridge.
Venus des quatres coins de l'Angleterre pour tenir le rôle de steward à l'occasion des célébrations des soixante ans de règne d'Elizabeth II, des chômeurs et employés à temps partiel ont été traités avec peu de considération par la société chargée d'assurer la sécurité dans les rues de la capitale anglaise.
Deux d'entre eux ont détaillé, sous le couvert de l'anonymat (par crainte de perdre leurs avantages sociaux), au Guardian le déroulement d'un week-end dont ils se souviendront. Venus en autocar de Bristol, Bath ou Plymouth la veille des festivités, la petite centaine de bénévoles recrutée pour l'occasion a logé une nuit dans un camp de fortune érigé sous les célèbres London et Tower Bridge et n'ont pu avoir accès aux toilettes durant 24 heures.
"À la belle étoile"
"Nous avons quitté Bristol vers 23 heures samedi et sommes arrivés à Londres vers 3 heures du matin", confie une dame au quotidien. "À notre arrivée, nous sommes restés vingt minutes dans le bus avant d'être conduits sous le London Bridge, sous un temps pluvieux et froid". Un steward de 30 ans a déclaré de son côté que les conditions sous le pont étaient "froides et humides" et qu'ils avaient dû patienter des heures dans le froid, à la belle étoile, en raison de l'impossibilité de planter des tentes à cet endroit. Après le défilé naval, toute l'équipe a été envoyé dans un camping devenu boueux en raison de la pluie. "Nous avons dû planter notre tente dans le noir. Londres était censé être une expérience inoubliable, elle s'est transformée en cauchemar. Nul n'est supposé être traité de la sorte, à dormir sous un pont et attendre avec désespoir un repas, surtout quand on travaille gratuitement".
Selon deux gardiens, les organisateurs ont exercé un chantage sur certains. Alors qu'il était normalement prévu de rémunérer tout le monde, un petit nombre a appris, une fois arrivés à Londres, qu'il ne le serait pas. "C'est à Londres que l'on nous a informés que nous ne serions pas payés. Si on n'acceptait pas, notre candidature n'aurait pas été retenue pour les Jeux Olympiques".
Concours de circonstances
Les responsables de la société de gardiennage a admis qu'elle avait employé les trois jours, dont deux fériés, 30 personnes sans emploi et une cinquantaine d'apprentis, rémunérés 2,8 livres (3,4 euros) de l'heure. Ils ont par ailleurs ajoutés qu'ils avaient fait passer un test aux chômeurs en vue des Jeux Olympiques dont ils ont également décroché le contrat pour justifier la non-rémunération de certains. "Nous veillons au bien-être de notre personnel et de nos apprentis", a assuré Molly-Prince, directrice générale de la société Close Protection. "Nous avons dû organiser le déplacement du personnel en plusieurs endroits et certains sont arrivés plus tôt que les autres au point de rendez-vous, qui se tenait sous le London Bridge. Cela explique pourquoi certains ont dû patienter longtemps dans le froid. Il s'agit de circonstances malheureuses, mais pas d'un manque de vigilance de la part de notre société".


