Un rare diamant bleu de 31,06 carats, le Wittelsbach-Graff, va être exposé au public pour la première fois depuis 50 ans au musée d'histoire naturelle de Washington pendant sept mois aux côtés du fameux diamant Hope, a annoncé l'institution américaine.
"Le diamant Wittelsbach-Graff est un objet d'intrigue et de légende, certainement l'une des plus merveilleuses pierres précieuses du monde", a affirmé Jeffrey Post, conservateur de la collection de gemmes du musée, dans un communiqué diffusé lundi. "Nous sommes enchantés de montrer cette icône de l'histoire et de la gemmologie au public pour la première fois depuis sa présentation à l'exposition universelle de Bruxelles en 1958", a-t-il souligné. La pierre sera exposée du 28 janvier au 1er août 2010.
La trace de ce diamant remonte à 1664 lorsqu'il a été offert par le roi Philip IV d'Espagne à sa fille, l'infante Margarita Teresa, peu de temps avant son mariage avec l'empereur Leopold Ier d'Autriche. Le diamant est ensuite entré en 1772 en possession des Wittelsbach, de la maison de Bavière. En 1931, il a été cédé à Christie's lors d'une vente mystérieuse au cours de laquelle la pierre a été remplacée par un vulgaire morceau de verre, raconte le musée d'histoire naturelle de Washington. Le Wittesbach-Graff est ensuite réapparu en Belgique en 1951 et présenté, sans attribution, à l'exposition universelle de Bruxelles en 1958.
Le diamantaire Laurence Graff en a fait l'acquisition en 2008 lors d'une vente aux enchères à Londres, moyennant 24,3 millions de dollars, un prix record à l'époque pour une pierre unique, selon le Washington Post. La pierre, qui pesait 35,56 carats, a été repolie afin d'en faire ressortir le bleu parfait, perdant quelque 4 carats dans l'opération. Le diamant sera exposé aux côtés du diamant Hope, un diamant bleu de 45,52 carats, qui proviendrait des mêmes mines d'Inde.
Sa présence aux Etats-Unis sera aussi l'occasion pour le musée d'histoire naturelle de mener des analyses "pour déterminer si ces deux pierres viennent du même endroit", a indiqué le conservateur. "Qu'ils aient ou non une origine commune, le plus important est que le public aura une occasion unique de contempler les deux plus extraordinaires diamants bleus du monde", a noté M. Post. (afp/cb)


