Dans son recueil, Richard Millet décrit en dix-huit pages Breivik comme "un enfant de la ruine familiale autant que de la fracture idéologico-raciale que l'immigration extra-européenne a introduite en Europe depuis une vingtaine d'années, et dont l'avènement avait été préparé de longue date par la sous-culture de masse américaine, conséquence ultime du plan Marshall".
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vidéo La célèbre librairie a renvoyé toutes les copies du livre de Richard Millet, considéré comme une ode au tueur norvégien Anders Breivik.
"L'Eloge littéraire d'Anders Breivik", le recueil polémique de Richard Millet, n'apparaîtra pas dans les rayons de la plus grande librairie du royaume. Selon Marc Filipson, le patron de Filigranes, l'auteur français va trop loin dans l'apologie de la violence, tel qu'il l'a communiqué sur la page Facebook de Filigranes.
Une mesure exceptionnelle comme le souligne Filipson. "Mis à part les ouvrages négationnistes, rares sont les références qui se sont vues refuser les rayons des librairies Filigranes", qui a précisé qu'il s'agissait d'une première "en 29 ans de carrière". Mais selon lui, les propos de Millet "font mal, font peur", ce qu'il l'a poussé à interdire la vente de l'ouvrage. "Ce matin j'ai ordonné le renvoi de toutes les copies de l'ouvrage de Richard Millet (...) Nous nous portons en faux contre les thèses qui y sont développées. Nous saluons, à l'instar de dizaines d'auteurs, l'article de l'écrivaine Annie Ernaux dans Le Monde qui dénonce, notamment, "... des propos qui exsudent le mépris de l'humanité et font l'apologie de la violence au prétexte d'examiner, sous le seul angle de leur beauté littéraire, les "actes" de celui qui a tué froidement, en 2011, 77 personnes en Norvège".
Suicide littéraire
Richard Millet, 59 ans est l'auteur d'une cinquantaine de livre et l'éditeur à succès de Jonathan Littell et Alexis Jenni, Goncourt 2006 et 2011. Dans son dernier essai, intitulé "Langue fantôme", il consacre dix-huit pages au tueur norvégien. Il y décrit Breivik comme "un enfant de la ruine familiale autant que de la fracture idéologico-raciale que l'immigration extra-européenne a introduite en Europe depuis une vingtaine d'années, et dont l'avènement avait été préparé de longue date par la sous-culture de masse américaine, conséquence ultime du plan Marshall". À sa sortie le 24 août dernier, d'aucun ont évoqué un suicide littéraire d'un auteur dont les critiques envers le multiculturalisme ont régulièrement soulevé la polémique.
"La Norvège le méritait"
À plusieurs reprises, Millet a dû se défendre d'épouser les thèses racistes ou de cautionner la barbarie du tueur norvégien, même s'il voit le massacre d'Utoeya comme "sans doute ce que méritait la Norvège et ce qui attend nos sociétés qui ne cessent de s'aveugler". Chez Gallimard, où Millet est éditeur, c'est la consternation, certains réclamant une réaction collective de tous les auteurs de la maison. De leur côté, les habitués de la librairie bruxelloise se montrent plutôt partagés à propos de cette décision que certains n'hésitent pas à assimiler comme une censure alors que d'autres y voient une publicité gratuite. "Il est inconcevable de laisser un tel pamphlet alimenter notre activité", a insisté Filigranes.


