La Cour suprême japonaise a reconnu mardi que les photos du photographe américain Robert Mapplethorpe n'étaient pas obscènes, mettant un point final à une saga judiciaire de près de dix ans.
Verdict annulé
Annulant le précédent verdict d'un tribunal de Tokyo, la Cour suprême a ordonné aux douanes japonaises de lever l'interdiction d'importer au Japon un livre de photos du célèbre photographe, publié aux Etats-Unis.
Moralité sexuelle
Lors d'un procès en 2003, la Cour d'appel de Tokyo avait jugé que l'ouvrage, qui montre des photos d'organes sexuels masculins, allait "à l'encontre d'une saine moralité sexuelle". Mais le juge Kohei Nasu, président de la Cour suprême, a estimé que "le livre et les photos n'entraient pas dans la catégorie (de publication) qui peut gêner le public", selon l'agence de presse Jiji.
En 1999, les douaniers de l'aéroport de Narita, près de Tokyo, avaient confisqué le livre de Mapplethorpe qu'avait rapporté un éditeur et distributeur de films japonais, arguant du fait que 20 des 260 photos étaient obscènes. L'éditeur avait porté plainte, estimant que ces photos devaient être considérées d'un point de vue artistique. Dans un précédent jugement en 1999, la Cour suprême avait jugé obscène un autre livre de photos de Mapplethorpe.
Nudité interdite
Les Japonais ont un rapport complexe avec la sexualité et la pornographie, qui commence, aux termes de la loi, par la représentation des organes sexuels. La nudité intégrale est théoriquement interdite, bien que plusieurs "onsen", bains traditionnels, autorisent encore la mixité, et les séquences de nu dans les films, japonais ou étrangers, sont floutées au niveau du bas ventre, y compris pour les films X.
Robert Mapplethorpe a consacré une bonne part de son travail photographique à l'érotisme, cherchant une représentation artistique des corps nus qu'il voulait présenter comme des sculptures. Il est mort en 1989, à l'âge de 42 ans, victime du sida. (belga)


