Ne ratez pas la première parade de ballons géants d'Europe
Pour le première fois en Europe, Bruxelles verra son siel obscurci par un défilé de ballons géants inspiré du monde de la BD.
Les fameuses fresques-BD que nous envient les bédéphiles du monde entier.
Tant que les enfants continueront à lire des bandes dessinées, la culture ne sera pas totalement avalée par le divertissement.
2009 est l'année de la bande dessinée à Bruxelles. Pour donner le coup d'envoi symbolique à ces festivités, dont les événements, qui ont déjà commencé, se dérouleront tout au long de l'année, une parade de ballons géants parcourra les rues de la capitale pour une grande première en Belgique (et même en Europe, selon les organisateurs) : la Balloon's Day Parade.
Parade à l'américaine pour honorer la BD bruxelloiseÀ l'instar de la Ballon Parade newyorkaise annuelle (depuis 1924), Bruxelles verra son ciel s'obscurcir, non pas à cause des nuages et de la grisaille, mais grâce à des énormes ballons d'hélium aux formes de personnages de BD, pour le plus vif plaisir des petits et des grands amateurs de cases et de phylactères.
Accompagnée de fanfares et de groupes folkloriques bruxellois, cette parade ralliera la Gare du Nord depuis la Gare du Midi via les grands axes du centre-ville. L'invité d'honneur de cet événement, qui aura lieu le samedi 28 février dès 13h30, sera la Région Wallonne, ce qui semble logique vu la répartition géographique de la BD francophone belge.
Rétrospectives, expos, impro-BD, mangas...Cette année de la BD sera l'occasion de nombreuses rétrospectives, consacrées entre autres à Hardy, créateur de Pierre Tombal, à Blueberry, à Lanfeust ou encore à l'oeuvre de Cauvin. Mais les amateurs pourront également profiter d'une vente aux enchères, de nombreuses expositions, d'un match d'impro-BD « Paris-Bruxelles », et de nombreux autres événements.
Le manga n'est pas oublié non plus puisque une exposition sera également consacrée aux bandes dessinées japonaises qui se sont imposés progressivement depuis 20 ans dans le paysage culturel dessiné en Europe, et particulièrement en France et en Belgique via l'éditeur Glénat, qui a contribué à la popularisation du genre de manière non-négligeable.
Parcours de fresquesMais que ceux qui sourcillent à l'idée de voir la bande dessinée belgo-française comparée à ce qu'ils considèrent (et c'est leur droit) comme des japonaiseries pour ados attardés se rassurent, des bédéistes classiques tels que Goscinny ou Vandersteen ne sont pas oubliés pour autant.
La Ville de Bruxelles a également décidé de profiter d'un patrimoine bruxellois unique au monde, à savoir la grosse trentaine de fresques géantes qui émaillent le pentagone et quelques murs de Laeken. Ces cases de BD géantes, très appréciées des touristes, constituent en effet un patrimoine culturel particulier, que la Ville compte mettre en valeur et même étoffer de quelques fresques à l'occasion de cette année de la BD.
La plus grande planche de BD du monde... sur la Grand PlaceCertaines artères du centre sont même ornées d'une plaque « BD » jouxtant la véritable plaque indiquant le nom de la rue. Ces plaques supplémentaires constituent autant de clins d'oeil au monde de la BD bruxelloise. Tout cela constituant un fil rouge permettant aux touristes comme aux autochtones de découvrir Bruxelles d'une manière originale.
Un événement est censé particulièrement marquer les esprits au mois de mai : une planche de BD géante de plus de 500 m² ornera la Grand Place du 7 au 10 mai. Le thème est jalousement tenu au secret, et est censé « marquer les esprits ». Un petit peu de mystère ne fait jamais de mal...
Indémodable BDCe qui est certain, c'est que les inconditionnels de la BD pourront profiter jusqu'à la fin de l'année des nombreux événements et autres expositions consacrées à un des derniers fleurons culturels belges pour s'en mettre plein les yeux et l'imagination afin de redevenir, le temps d'un album, l'enfant avide d'aventures et de héros de papier que chacun voudrait ne jamais oublier avoir été.
De tous les produits culturels, la BD semble, avec le livre et les arts plastiques, rester imperméable aux avancées technologiques et à la mondialisation d'internet, alors que musique, cinéma et autres arts et divertissements semblent tous forcés de se renouveler pour être adaptables à la Grande Toile.
Dernier refuge de la culture?Mais rien ne semble pouvoir dépasser le pouvoir de ces oeuvres d'art faites de carton, encre et papier, dont les petites têtes blondes tourneront les pages avec émerveillement pour de nombreuses années encore, avant de les refermer et de s'endormir pour rêver d'aventures incroyables inspirées des épopées dessinées qui font la fierté de leurs parents.
Bien malheureux les parents n'ayant jamais, surprenant leur enfant délaisser sa console de jeu pour se précipiter sur le dernier tome des aventures dessinées de son héros préféré, versé une larme en se disant que malgré toutes les abrutissantes distractions servies à la louche par une société malade de malbouffe culturelle, tout n'était pas perdu...
Tant que les enfants liront, même des bandes dessinées, les plus aigris devront reconnaître qu'il subsiste un brin d'espoir que la culture moderne en Europe cesse de se calquer sur ce qui fonctionne commercialement aux Etats-Unis. Mille sabords de tonnerre de Brest !
Thomas Halter