Selon des juristes, le souhait du chorégraphe français Maurice Béjart, décédé jeudi à Lausanne, d'être naturalisé belge ne pourra être réalisé. Ils estiment qu'un défunt ne peut plus être naturalisé. L'historiographe Michel Robert avait révélé plus tôt dans la journée une lettre rédigée par le chorégraphe avant sa mort et dans laquelle il motivait son souhait d'être naturalisé belge.
D'après l'ancien président de la Commission "Naturalisation" de la Chambre, Guy Hove, et le sénateur CD&V Hugo Vandenberghe, il n'est pas possible que Maurice Béjart soit encore naturalisé belge. "Une demande en ce sens doit être introduite. Selon moi une lettre ne suffit pas. Je ne me souviens d'aucun précédent par lequel une personne décédée ait été naturalisée", a indiqué Guy Hove.
Relation sincère
Dans sa lettre, Maurice Béjart déclare: "Si je demande aujourd'hui ma naturalisation belge, c'est parce que je me suis toujours senti proche de la Belgique, bien plus proche que de la France qui est pourtant le pays où je suis né (...) J'ai vécu en Belgique la plus longue période de ma vie, 30 ans!". "Je pense qu'aujourd'hui est venu le temps d'officialiser cette relation indéfectible. Que je puisse enfin lire dans les dictionnaires et les biographies qui me sont consacrées, 'Maurice Béjart, chorégraphe belge', c'est là mon souhait le plus sincère", conclut-il.
Le chorégraphe décrit encore son amour pour Bruxelles, pour la Wallonie et la Flandre, "Ostende où j'adore aller respirer son air revigorant et admirer son ciel obscur". Maurice Béjart a d'ailleurs émis le souhait que ses cendres soient dispersées sur "le sable d'Ostende", a révélé plus tôt jeudi Michel Robert, invité sur le plateau de la chaîne de télévision RTL-TVi.
Ce souhait ne devrait pas non plus être exaucé, les cendres pouvant notamment être répandues dans un cimetière, un terrain privé ou les eaux territoriales belges mais pas sur la plage, qui constitue un lieu public. Selon l'écrivain, Maurice Béjart tenait à la Belgique et lui a donné énormément. Il était également profondément ébranlé par les problèmes politiques qui secouent actuellement le pays. "Quand aura-t-on notre gouvernement?" avait-il demandé à l'écrivain peu avant sa mort.


