La déflation constitue le risque principal en 2009, tant pour les entreprises que pour les emprunteurs, ont affirmé mardi des responsables de Dexia Asset Management, en marge d'une analyse des perspectives obligataires pour l'année à venir.
"Période prolongée"
"La déflation est une spirale dangereuse pour l'économie et les marchés financiers. Il ne s'agit pas seulement d'une inflation négative pendant quelques mois mais bien d'une période prolongée de baisse de prix, combinée à des anticipations négatives d'inflation sur plusieurs années", a expliqué Nicolas Forest, Head of Interest Rate Strategy.
Cette spirale est dangereuse pour les entreprises qui disposent de stocks invendus et qui sont obligées de réduire leur production et leur masse salariale. Elle est également risquée pour la consommation et pour les emprunteurs. La dette étant libellée en taux nominal, une baisse des prix conduit en effet automatiquement à une augmentation de la dette réelle, a précisé le responsable.
Risques
"C'est ce risque que les autorités monétaires et gouvernementales devront à tout prix éviter. C'est aussi ce risque que les marchés anticipent en ce début d'année et c'est pour cette raison que nous continuons à être acheteurs d'obligations gouvernementales", a-t-il poursuivi.
Selon les analystes de Dexia Asset Management, les obligations d'Etat - qui se sont révélées être le meilleur placement en 2008 avec une appréciation de quelque 10 pc alors que les marchés d'actions ont affiché des moins-values de 40 pc - sont en effet la valeur refuge par excellence, grâce à leur forte liquidité et à leur sécurité.
Bon tuyau
Autre "bon tuyau" pour 2009: la livre sterling qui devrait revenir sur le devant de la scène après s'être approchée de la parité avec l'euro en 2008. "Cette année devrait voir un retour de la devise britannique car l'essentiel des mauvaises nouvelles (risque sur le marché immobilier, récession attendue et baisses des taux) sont maintenant suffisamment incorporées dans son cours", a estimé Vincent Hamelink, Global Head of Fixed Income.
Le dollar, lui, devrait converger progressivement vers sa valeur d'équilibre, à 1,30 dollar pour un euro. En revanche, les dollars australiens et néo-zélandais, fortement liés à la croissance mondiale, devraient lourdement ressentir les effets de l'environnement économique morose.
L'avenir du crédit
Enfin, les analystes de Dexia Asset Management se sont également penchés sur l'avenir du crédit. "2009 s'inscrit dans la poursuite du processus de désendettement entamé l'année passée", a indiqué à ce sujet Vincent Hamelink. Or, ce désendettement à un "coût élevé" en terme de profitabilité.
Néanmoins, "notre vue à long terme sur le crédit est positive car la rémunération actuelle incorpore déjà beaucoup de mauvaises nouvelles concernant l'évolution de l'économie mondiale alors que l'engagement des Etats et des banques centrale est un facteur de soutien du système financier", a ajouté le responsable en évoquant également la "diversification" du portefeuille en tant que clé de "superperformance".
Dexia Asset Management est le centre de gestion d'actifs du groupe Dexia. Fin septembre, il gérait des actifs pour un montant de 93,7 milliards d'euros. (belga/chds)


