Fortis a l'intention de renouer avec l'octroi d'un dividende annuel représentant entre 40 et 50% du bénéfice net de ses activités d'assurances, a annoncé la société vendredi, à l'occasion d'un bilan de sa stratégie, près d'un an jour pour jour après le début de la saga Fortis. Le premier dividende sera lié au bénéfice de l'exercice actuel.
"C'est bien pour les actionnaires qui sont restés loyaux en des temps difficiles", a expliqué l'administrateur délégué Bart de Smet en précisant que le dividende sera basé sur les résultats de la branche assurance et non sur ceux du groupe dans son ensemble. "Trop volatiles. Nous ne voulons pas être dépendants de la valorisation de différents instruments financiers. Nous sommes une société d'assurances et nous voulons lier notre politique de dividendes à ce fait", a ainsi affirmé le responsable au cours d'une conférence téléphonique.
"Nous avons par ailleurs confiance en notre capacité à enregistrer, à moyen terme, un bénéfice solide en assurances", a-t-il ajouté. Au premier semestre, le bénéfice de cette branche s'est élevé à 220 millions d'euros. L'assureur est également revenu sur ses niveaux de capitalisation actuels, "qui sont parmi les meilleurs du secteur et qui sont considérés comme adéquats dans les circonstances présentes".
Dans le détail, le capital discrétionnaire de Fortis atteint 1,3 milliard d'euros, somme qui pourra être utilisée pour d'éventuelles reprises ou comme réserve en cas de poursuites judiciaires. Quoi qu'il en soit, une reprise des instruments hybrides émis par l'"ancien" Fortis n'est pas à l'ordre du jour. "Nous pensons que nous pouvons mieux utiliser notre argent. En outre, nous devons tenir compte des incertitudes du marché et éviter de nous retrouver, à un moment donné, à court de liquidités", a poursuivi Bart De Smet.
Selon ce dernier, Fortis va également continuer à rationaliser son portefeuille actuel "afin que tous les segments d'activités puissent, à terme, atteindre une taille critique; contribuer significativement aux revenus d'assurance de Fortis et générer des rendements supérieurs au coût des fonds propres."
Quant à d'éventuelles reprises, l'administrateur délégué est resté prudent. "Nous n'allons certainement pas nous lancer dans une chasse aux acquisitions. Au contraire, nous travaillerons pas à pas", a-t-il expliqué. Il n'en reste pas moins que le groupe est intéressé tant par un renforcement de sa présence sur les marchés où il est déjà actif que par de nouveaux marchés.
Enfin, le nouveau nom de Fortis ne sera connu qu'au premier semestre 2010. BNP Paribas ayant acquis la marque Fortis, le groupe ne peut en effet l'utiliser que jusqu'en mai 2011. (belga/mb)


