L'Airbus A400M s'envolera la semaine prochaine

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Par: rédaction
4/12/09 - 17h56

L'avion de transport militaire européen A400M doit effectuer son premier vol en fin de semaine prochaine en Espagne, une étape importante pour ce programme miné par des retards et qui a tourné au cauchemar pour le groupe EADS, sous pression face à ses clients.
 
Destiné à remplacer des flottes vieillissantes au sein des armées européennes, l'Airbus A400M, qui aurait dû normalement effectuer ce premier vol il y a près d'un an et demi, subit encore une série d'essais au sol sur le site Airbus de Séville (sud de l'Espagne). Le vol d'essai est désormais prévu en fin de semaine prochaine, "vraisemblablement" le vendredi 11 décembre, selon les ministères allemand et belge de la Défense. 
 
Imprévus possibles
Mais la date précise dépendra de la progression des essais au sol et des conditions météorologiques. "Une circonstance imprévue est toujours susceptible, au dernier moment, de retarder le décollage de quelques heures, voire de plusieurs jours", prévient le directeur d'Airbus Military, Domingo Ureña. 
 
Une avancée majeure
Le vol sera mené par une équipe de six personnes: deux pilotes - un Britannique et un Espagnol - et quatre ingénieurs navigants français.
Il constituera enfin une bonne nouvelle pour un programme jusqu'à présent marqué par d'importants retards et qui a viré au casse-tête industriel, diplomatique et financier pour EADS, maison-mère du constructeur Airbus. "Ce premier vol, même s'il ne règle pas tous les problèmes qui pèsent sur ce programme, constituera néanmoins une avancée majeure", jugent ainsi des analystes.
 
Sorti d'usine en juin 2008, l'avion a été confronté à des problèmes liés à sa complexité et à sa motorisation. Il est doté d'un puissant turbopropulseur dont le développement - confié à un consortium européen qui compte notamment le français Snecma (groupe Safran) et le britannique Rolls Royce - s'est avéré difficile. 
 
Trois ans de retard
Les pays de l'OTAN qui ont commandé l'appareil ne le recevront pas avant la fin 2012, soit avec trois ans de retard au moins sur le calendrier initial. Au grand dam de leurs armées qui se débattent parfois avec des appareils à bout de souffle, comme la France avec ses Transall. La Belgique, qui a en commandé sept exemplaires, devra attendre au moins jusqu'en 2018 pour percevoir le premier appareil. A l'heure actuelle, les clients négocient âprement avec EADS un nouvel accord sur le calendrier de livraison, les spécificités de l'appareil et son prix. La dernière réunion a eu lieu mercredi à Berlin. 
 
20 milliards d'euros
Airbus avait lancé l'A400M en signant un contrat de 20 milliards d'euros en 2003 avec sept pays (Allemagne, Espagne, France, Royaume-Uni, Turquie, Belgique et Luxembourg) pour 180 appareils.
Les discussions actuelles sont cruciales pour EADS, qui a déjà dû prévoir pour 2,4 milliards d'euros de provisions et n'exclut pas de nouvelles charges pour faire face aux conséquences de ces retards. Les surcoûts supplémentaires pourraient atteindre 5 milliards, selon la presse allemande et française.
 
L'industriel et ses clients s'étaient donné jusqu'à la fin de l'année pour trouver un terrain d'entente. Mais les pourparlers ont piétiné avec les élections et la formation d'un nouveau gouvernement en Allemagne - premier client avec soixante appareils commandés - et pourraient bien se poursuivre en 2010. 
 
Annulation
Autre problème: l'Afrique du Sud a annulé début novembre sa commande de huit exemplaires, alors qu'EADS mise sur l'exportation pour rentabiliser son programme. La Malaisie reste aujourd'hui le seul client à l'export, avec une commande de quatre avions. (belga/cb)

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