Gérard Lavinay, patron de Carrefour Belgique.
La direction du groupe Carrefour a confirmé mardi après-midi son intention de fermer 21 de ses magasins en Belgique et de procéder au licenciement collectif de 1.672 personnes, et ce, d'ici le 30 juin prochain au plus tard.
"Nous sommes pleinement conscients de l'émotion que ces annonces impliquent et nous ferons tout ce qui est possible pour en adoucir les effets", a commenté mardi Gérard Lavinay, patron de Carrefour Belgique, lors d'une conférence de presse.
Reconnaissant le caractère "douloureux" du plan restructuration, le groupe Carrefour a néanmoins qualifié celui-ci de "nécessaire" pour garantir la présence durable du groupe en Belgique, lequel a enregistré 40 millions de pertes, malgré 845 millions d'investissements en dix ans.
En 2007, le groupe avait déjà procédé à une restructuration, en franchisant 16 de ses magasins. Mais deux ans plus tard, les problèmes subsistent. "Carrefour présente toujours une structure de coûts qui ne permet pas d'assurer une activité rentable", a reconnu M. Lavinay.
L'opportunité Mestdagh
Outre la fermeture pure et simple de 21 magasins et le licenciement collectif de 1.672 personnes, le groupe a par ailleurs confirmé son intention de "franchiser" 7 supermarchés et de "renforcer son partenariat avec le groupe Mestdagh" pour sauver 17 supermarchés "et éventuellement" 3 hypermarchés. Devant la presse venue en nombre, M. Lavinay a toutefois reconnu qu'aucune négociation n'avait été ouverte avec le groupe carolo concernant ces points de vente. "Si Mestdagh pouvait avoir des solutions pour les exploiter, ce serait une belle opportunité pour les hommes et les femmes qui y travaillent", a-t-il commenté.
Salaires bloqués
En cas d'échec, ces 21 magasins seront, si possible franchisés, ou alors fermés, a-t-il toutefois reconnu. Par ailleurs, pour éliminer les différences de coût salarial historiques par rapport à ses concurrents Delhaize et Colruyt, tous les travailleurs restants chez Carrefour devront passer de la commission paritaire 312 à la CP 202, dont les barèmes sont moins généreux.
"L'ambition n'est pas de baisser les salaires, mais de les bloquer jusqu'à ce qu'il y ait rattrapage de la commission 202", a expliqué Carrefour Belgique, qui a repris les anciens magasins GIB il y a dix ans. Si les syndicats devaient refuser ces changements, M. Lavinay a clairement laissé entendre que le groupe ne pourrait alors plus garantir l'emploi et sa présence en Belgique.
"Je n'imagine pas qu'on ne trouve pas un accord (avec les syndicats, ndlr). Sans cela, je ne pourrais pas mettre les nouveaux modèles commerciaux en place, et sans eux, ce serait l'échec de Carrefour en Belgique". Le siège central sera lui filialisé, et son personnel changera également de commission paritaire. Les 21 magasins condamnés seront fermés d'ici le 30 juin prochain au plus tard.
"Le choix du 30 juin a été fait afin de laisser du temps pour la concertation", a encore précisé le patron de Carrefour. Outre les efforts demandés au personnel, le groupe compte également réaliser 25 millions d'euros d'économies sur ses frais généraux, notamment en renégociant tous ses contrats de prestation pour 2011, ainsi qu'en poursuivant ses efforts en termes d'efficacité énergétique.
Le réseau GB Express développé
La direction a enfin annoncé que 300 millions d'euros seront mobilisés au cours des trois années à venir pour "relancer la dynamique commerciale" de la marque, qui ne détient aujourd'hui plus qu'un peu moins de 25% des parts du marché belge, contre 30% encore il y a dix ans. Le groupe compte notamment développer son réseau de GB Express qui marche bien, et de développer de nouveaux concepts commerciaux. (belga)


