FGTB et CSC rejettent les plans de Sarkozy et Merkel

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Par: rédaction
24/03/11 - 09h56
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MISE À JOUR Des milliers de manifestants FGTB - 20.000 selon les organisateurs, 13.000 selon la police - ont défilé jeudi dans les rues de Bruxelles contre le pacte de compétitivité, en marge du Sommet européen. Des militants CSC ont également manifesté au Heysel - 10.000 selon les organisateurs, 6.000 selon la police.

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La FGTB n'accepte pas les plans qui se retrouvent sur la table européenne des négociations. "C'est une attaque encore jamais vue contre les employés, plutôt que contre les spéculateurs qui ont causé cette crise", explique Rudy De Leeuw, président du syndicat socialiste.

Les chefs de gouvernement européens veulent, par ces plans, réduire les salaires, allonger l'âge de la retraite et mettre les employés en concurrence, estime le syndicat. "Il ne s'agit que de mesures d'économie. Ces plans déconstruisent la solidarité", prévient le président de la FGTB.

Ce que les syndicats désirent, c'est une Europe sociale et une taxe sur les transactions financières. "Non aux plans de Sarkozy et Merkel", ajoute-t-il encore.

Des dizaines de milliers de manifestants CSC ont également milité pour une Europe sociale au pied de l'Atomium. Le syndicat chrétien ne veut pas d'une Europe calquée sur le modèle allemand, a indiqué jeudi son président Luc Cortebeeck. Cela mènera principalement à l'augmentation de la pauvreté, des micro-contrats et des réductions de salaire, prévient le syndicat. "Ça, nous n'en voulons pas."

Confrontation entre la police et quelques manifestants à Bruxelles
Après près de deux heures de confrontation, l'ensemble des militants opposés aux forces de l'ordre ont quitté le carrefour de la rue de la Loi et du boulevard du Régent, à Bruxelles, laissant place aux véhicules de Bruxelles-Propreté. Peu avant, la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, avait discuté avec les quelque dizaines de manifestants qui faisaient face à la police.

Quelques manifestants ont provoqué la police rue de la Loi à Bruxelles, à hauteur du carrefour avec l'avenue des Arts, a indiqué jeudi Ilse Van de Keere de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles. Les manifestants ont lancé des projectiles, notamment des pavés.  La police a répliqué en utilisant des autopompes et des gaz-lacrymogènes.

10.000 personnes réunies au pied de l'Atomium
La CSC a réuni environ 10.000 personnes jeudi midi au pied de l'Atomium, sur l'esplanade du Heysel à Bruxelles, dans le cadre de la journée européenne d'actions de la Confédération européenne des Syndicats (CES).
 
"La manifestation est un succès. Il suffit de voir à quel point l'esplanade est noire de monde", s'est réjouit Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, qui misait sur la présence de 7.000 à 8.000 personnes.
 
Si les membres de la CSC et de son pendant flamand ACV sont logiquement largement majoritaires, ils sont soutenus par des délégations venues de France, du Luxembourg, des Pays-Bas et de Roumanie.
 
Les discours de Joël Decaillon, secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des Syndicats, de Luc Cortebeeck, président de la CSC, et de Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, sont prévus à partir de 13h00.

Retour progressif à la normale sur le réseau de la STIB
Le réseau de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles (STIB) enregistrait jeudi, sur l'heure de midi, un retour progressif à la normale avec le rétablissement de la circulation des trams perturbée en raison des manifestations qui se tiennent en marge du sommet européen.
 
"Tout se passe comme prévu et il n'y a pas eu d'incident", relève An Van hamme, porte-parole de la STIB. La circulation de tous les trams qui avaient connu des perturbations (notamment le 7, 25, 81, 92, 94) a repris en fin de matinée.
 
La STIB assure vouloir rétablir dès que possible la circulation des bus perturbée. "Ce devrait être le cas dans l'après-midi", a précisé An Van hamme. L'axe Trône-Porte de Namur a été remis en service, de sorte que le 71 peut de nouveau emprunter ce tronçon.
 
En ce qui concerne le métro, les stations Schuman et Schaerbeek restent fermées jusque 14h00, sur ordre de police. La STIB estime que l'heure de pointe du soir ne devrait pas rencontrer de problème majeur.
 
Du côté de la SNCB, la circulation ferroviaire est peu perturbée par les manifestations. Sur la ligne 161 Bruxelles-Nord/Namur, aucun train ne s'arrête à Bruxelles-Schuman, jusque 14h00, également sur décision de la police.

"Nous sommes de retour"
Rue de la Loi, différents représentants de syndicats néerlandais, luxembourgeois, français et belge se sont adressés à la foule, estimée, par les syndicats, à 20.000 personnes.
 
Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, a rappelé que les syndicats étaient déjà descendus dans les rues de la capitale en septembre dernier. "Et nous sommes de retour", a-t-elle affirmé.
 
Dans son allocution, Mme Demelenne a dénoncé l'attitude d'une droite européenne "qui organise le recul social". "Il faut une solidarité avec les Etats en difficulté à cause des marchés financiers, mais cela ne doit pas être un prétexte pour modérer les salaires, les pensions et nos systèmes de protection sociale", a-t-elle indiqué.
 
Les intervenants ont terminé leurs discours peu avant midi. Les manifestants commençaient déjà à s'éloigner de la rue de la Loi. La plupart devait encore attendre les cars prévus pour les ramener dans les différentes régions du pays, selon l'agence Belga.
 
"Imbuvable"
De 3.000 à 4.000 manifestants ont démarré de la place Meiser pour se diriger vers la rue de la Loi où ils ont rejoint les autres cortèges traversant Bruxelles, dans le cadre de la journée européenne d'actions de la Confédération européenne des Syndicats (CES).

Les métallos liégeois et limbourgeois de la FGTB, rejoints par le cortège ayant démarré à Montgomery, se sont arrêtés devant le siège de Business Europe qui regroupe 40 fédérations patronales de différents pays.
 
A cet endroit, le Secrétaire général de la FGTB wallonne, Thierry Bodson, s'est adressé aux manifestants: "le pacte pour l'Europe est pour nous imbuvable et est une attaque frontale contre l'ensemble de nos acquis. On ne nous les enlèvera pas au cours d'un Sommet européen".
 
"L'Europe ce sont nos politiciens que nous avons élus. Il n'est donc pas question qu'ils rejettent la faute sur l'Europe. Nous disons non au recul de l'âge de la pension, non à la remise en cause de l'index, non à la limitation de l'augmentation des salaires à 0,3pc et non au bonus pour les patrons", a-t-il encore indiqué.
 
Le cortège a ensuite repris sa route vers le point de ralliement rue de la Loi.

Des manifestants ont occupé le rond-point Montgomery
D'importants embarras de circulation ont été signalisés dans les environs du rond-point Montgomery, l'un des quatre lieux de rendez-vous pour les manifestants de la FGTB.

Selon Ilse Van de Keere de la zone de police de Bruxelles-Capitale-Ixelles, les militants n'ont pas respecté l'accord prévoyant de ne pas bloquer le rond-point. D'après des chiffres toujours provisoires, entre 10.000 et 15.000 personnes ont quitté les quatre points de ralliement de la FGTB, a-t-elle ajouté.

La police estime le nombre de manifestants présents au rond-point de Montgomery à environ 1.200 personnes. Il était prévu au départ que les manifestants se rassemblent dans l'avenue de Tervuren mais cela s'est déroulé différemment, a expliqué la porte-parole de la police

1500 militants FGTB devant la BNB
Environ 1500 militants FGTB-ABVV étaient rassemblés jeudi vers 9h30 devant le siège de la Banque nationale (BNB), boulevard de Berlaimont à Bruxelles.

Des calicots ont été déroulés par les manifestants à l'entrée de la
banque, le tout accompagné de quelques pétards et fumigènes. Philippe Van Muylder, Secrétaire général de la FGTB de Bruxelles, a ensuite expliqué aux manifestants le pourquoi d'une halte à la BNB.

"A partir du 1er avril, la Banque nationale sera chargée du contrôle bancaire mais aujourd'hui rien n'est prêt pour exercer ce contrôle en Belgique", a-t-il affirmé. "L'Europe se trompe de cible et exige que les Vingt-sept s'attaquent au monde du travail alors que nous demandons une taxe sur les transactions financières", a-t-il ajouté.

M. van Muylder a précisé que les militants étaient déjà 15.000 dans
les rues de Bruxelles. D'après la police, ils étaient à peu près
1.500 devant la BNB. Plusieurs centaines de manifestants étaient encore attendus, des cars transportant des militants FGTB vers Bruxelles ayant notamment  été bloqués au Heysel, lieu de rassemblement de la CSC.

A la gare du Nord, le cortège réunissait environ 2.900 personnes, celui de la gare du Midi quelque 4.000 manifestants.
 
Les cortèges ont entre-temps quitté les points de rendez-vous, ce qui a permis de libérer la place Meiser, le rond-point Montgomery ainsi que la boulevard Reyers.

La CGSLB a manifesté à Liège
Une centaine de délégués et militants du syndicat libéral CGSLB ont manifesté jeudi dans les rues de Liège pour marquer leur opposition au "Pacte de compétitivité" discuté à Bruxelles par les ministres du Conseil européen.
 
"Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont mis ce pacte à l'agenda du Conseil pour stabiliser l'euro", rappelle Gonzague Millis, secrétaire permanent du syndicat à Liège. "Mais en Belgique, des mesures comme l'indexation des salaires, le chômage économique des employés, les prépensions, les plans d'aide à l'emploi, nous ont en fait permis de mieux résister à la crise que la France ou l'Allemagne.
Nous voulons donc que ces mécanismes soient préservés."
 
Le syndicat ne nie pas qu'une certaine rigueur budgétaire soit "importante", mais estime que "ce n'est pas aux travailleurs et aux classes moyennes de payer la crise". Pour Gonzague Millis, il est temps de "rééquilibrer la taxation du capital, insuffisante, et celle du travail, bien trop élevée".
 
Quant aux raisons qui ont poussé la CGSLB à ne pas manifester avec la FGTB à Bruxelles jeudi, alors que les deux syndicats étaient main dans la main contre l'AIP, Gonzague Millis a précisé: "A l'instar de la CSC, nous pensons que les manifestations de Bruxelles vont ennuyer tout le monde sauf les concernés, c'est-à-dire les ministres européens. Ce n'est pas notre façon de faire".

Perturbations sur le réseau TEC en Wallonie
Le réseau TEC était quelque peu perturbé jeudi matin en Wallonie et plus particulièrement à Charleroi et à Liège, en raison des manifestations annoncées par les syndicats FGTB et CSC à Bruxelles, a annoncé jeudi le TEC dans un communiqué.
 
A Charleroi, seuls 30% des bus sont sortis des dépôts. De même, dans la province de Liège, 10 à 40% des bus ne sont pas sortis des dépôts de Robermont, Jemeppe, Rocourt, Omal, Wanze et Verlaine. La situation est par contre normale à Verviers, Eupen, Warzée et Oreye. Il en est de même dans la province de Luxembourg et à La Louvière.
 
A Mons et à Tournai, les services sont assurés respectivement à hauteur de 81% et 79%. A Namur, 21 services ne sont pas assurés et, dans le Brabant wallon, il en est de même pour 7 services.

La FGTB a accusé jeudi Electrabel GDF Suez de traiter le consommateur avec arrogance et mépris. L'entreprise enregistre des bénéfices de plusieurs milliards alors que le consommateur voit toujours sa facture énergétique augmenter, a déclaré la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, au cours d'un discours tenu au siège d'Electrabel.
 
La FGTB accuse Electrabel d'arrogance
Les militants FGTB ont fait un arrêt devant le siège d'Electrabel et ont lancé quelques oeufs sur le bâtiment du groupe.
 
Outre Electrabel, le couple franco-allemand Sarkozy-Merkel a également été visé. Ces derniers attaquent toujours l'index alors que le consommateur belge se protège contre la flambée des prix. "Ne touchez pas à notre index", a lancé Anne Demelenne.
 
Après l'action devant le siège d'Electrabel, les manifestants se sont ensuite dirigés vers la rue de la Loi, où ils devaient rejoindre d'autres militants de la FGTB. (belga)

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