Luc Coene, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique.
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MISE À JOUR
L'économie belge devrait connaître une croissance encore plus soutenue que prévu de 2,6% en 2011 et de 2,2% en 2012, soit des taux de progression supérieurs à ceux de la zone euro, selon les projections économiques du printemps 2011 publiées mercredi par la Banque nationale de Belgique (BNB) qui met toutefois en garde contre certains risques "non négligeables", comme l'inflation élevée, menaçant l'économie belge.
En 2010, le PIB belge avait enregistré une croissance de 2,1%. Les prévisions pour la zone euro tablent sur une croissance de 1,9% (entre 1,5 et 2,3%) pour 2011 et 1,7% (entre 0,6 et 2,8%) pour 2012.
Après être sortie de la crise dans le sillage de la locomotive allemande et dans un contexte de rebond de la croissance mondiale, l'économie belge devrait tirer profit dans un second temps d'une bonne tenue de la demande intérieure. "En 2011 et 2012, la continuité de la reprise se déplace davantage sur la demande intérieure ce qui montre que la croissance atteint une certaine maturité", a commenté le gouverneur de la BNB, Luc Coene, au cours d'une conférence de presse.
S'agissant du marché du travail, la BNB table sur la création, en termes nets, de quelque 77.000 emplois additionnels entre la fin 2010 et la fin 2012. Le chômage poursuivrait parallèlement sa décrue pour s'établir à 7,3% en moyenne en 2012.
"Les perspectives pour la Belgique sont relativement positives à court terme mais il existe pas mal de facteurs d'incertitudes sur lesquels il faut compter", a résumé Luc Coene.
Parmi ces "risques non négligeables", le gouverneur de la BNB a pointé "le manque de consolidation budgétaire" à moyen terme qui pourrait miner la confiance des consommateurs. Après un déficit public de 4,1% en 2010, celui-ci devrait atteindre 3,5% du PIB en 2011 mais se creuserait à nouveau, à politique inchangée, à 4,1% du PIB, en 2012. Afin de ramener les finances publiques à l'équilibre en 2015, la BNB estime que l'effort budgétaire à réaliser ira de 17 à 20 milliards d'euros.
Quant au taux d'endettement, il devrait rester sous la barre symbolique des 100%, et même légèrement baisser, à 95,4% du PIB en 2012.
Luc Coene a également mis le doigt sur l'inflation élevée en Belgique et les risques d'effet de second tour qu'elle implique.
Le gouverneur de la BNB a aussi évoqué, comme autre risque planant sur la croissance, la crise de l'endettement qui touche une grande partie de la zone euro et d'autres grandes économies mondiales, comme les Etats-Unis ou le Japon.
A ce propos, si la Belgique ne fait pas partie des pays dits "périphériques" de la zone euro, dont les rendements des obligations ont explosé, comme la Grèce, le Portugal ou l'Irlande, notre pays ne fait plus non plus partie du peloton de tête occupé par l'Allemagne. "A partir de mi-2010, la Belgique s'est détachée des bons pays avec lesquels on était associé avant", a souligné M. Coene.
"Les prévisions à court terme sont relativement positives mais subsistent les déficiences structurelles de notre pays qui risquent de miner petit à petit notre croissance", a finalement conclu Luc Coene, non sans souligner que les récentes recommandations formulées par la Commission européenne à l'égard de la Belgique sont en grande partie similaires à des recommandations déjà formulées ces dernières années par la BNB.
Il est ainsi notamment conseillé à notre pays d'accélérer la réduction des déficits publics -principalement via une réduction des dépenses-, d'achever la restructuration des banques, d'augmenter le taux d'emploi ou encore de revoir les systèmes de négociation salariale et d'indexation des salaires.
En matière de pensions, la BNB ne se risque pas à prendre position quant à l'âge légal de la pension mais estime que des mesures devront être prises pour garantir à l'avenir le paiement des pensions. (belga)
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