Les pertes pour le secteur hôtelier kényan causées par la crise majeure secouant le pays s'élèveront à 4 milliards de shillings kényans (42 millions d'euros) pour le seul mois de janvier, a annoncé vendredi la Fédération du tourisme kényane.
"Les pertes estimées jusqu'ici dans le secteur hôtelier pour le seul mois de janvier s'élèvent à 4 milliards de shillings kényans (Kes). Des pertes supplémentaires sont attendues lorsque les tours opérateurs, les compagnies et les agents auront compilé leurs chiffres d'annulation", affirme la Fédération.
Annulations
Le taux d'occupation des hôtels dans la région de la côte - réputée pour ses plages paradisiaques - et dans la capitale kényane a chuté de plus de 50% et les annulations se poursuivent. "Si la tendance se poursuit, 20.000 emplois directs seront perdus entre janvier et mars dans le secteur hôtelier", selon la même source.
Environ 5.200 passagers devant voyager sur des vols charters annulent leur voyage chaque semaine, et les vols charters affichent un taux de remplissage de moins de 15%, selon la Fédération. Le secteur du tourisme, a rapporté plus de 60 milliards de shillings kényans (630 millions d'euros) en 2007, selon la Fédération.
Gros gâchis
"Les violences post-électorales (...) ont causé des dommages indescriptibles à l'industrie du tourisme, gâchant des années de planification et de marketing", déplore la Fédération. Mardi, la porte-parole de l'office du tourisme kényan (KTB), Rose Kwena, avait évalué à au moins 3 milliards de shillings kényans (31,3 millions d'euros) les pertes pour le secteur hôtelier.
Plusieurs pays ont demandé à leurs ressortissants de ne pas se rendre au Kenya, du fait des violences qui ont fait au moins 600 morts dans le pays depuis la réélection contestée du président Mwai Kibaki le 27 décembre. Le mois de janvier est traditionnellement l'un des pics dans la saison touristique. Le tourisme avait fait un bond ces dernières années au Kenya, réputé pour ses parcs nationaux, sa faune et ses plages de sable fin.


