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Le gouvernement fédéral a décidé mardi soir de tout mettre en oeuvre pour éviter toute déroute à la banque Dexia dont il est actionnaire, notamment en apportant sa garantie d'Etat à la création d'une structure de défaisance pour isoler ses actifs néfastes.
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"Comme en 2008, la Belgique fera tout ce qui est nécessaire pour qu'aucun épargnant et aucun client de Dexia Belgique ne perde un centime d'euro en ces temps de turbulences au niveau de l'activité bancaire", a indiqué mardi soir le Premier ministre démissionnaire Yves Leterme à l'issue d'une réunion extraordinaire du comité restreint ("kern").
Le groupe franco-belge, dont le cours en Bourse a chuté de plus de 30% en l'espace de deux jours, est confronté à d'importants problèmes, notamment dus à la présence dans son portefeuille d'actifs incertains.
Bad Bank
Pour y remédier, le gouvernement a décidé d'apporter, "le cas échéant" et "avec le gouvernement français", sa garantie pour la création d'une structure de défaisance ("bad bank") afin d'"isoler les activités et les éléments qui pourraient peser sur les activités bancaires", a ajouté M. Leterme.
Interrogé sur la hauteur de cette nouvelle garantie d'Etat au bénéfice de Dexia, le ministre des Finances Didier Reynders (MR) s'est borné à préciser qu'elle serait inférieure à celle apportée par la Belgique en 2008, à savoir 90 milliards d'euros.
Le Premier ministre a assuré de son côté que cette nouvelle garantie d'Etat n'affaiblirait nullement la position de la dette belge, ni sa crédibilité envers les marchés et les agences notation. Et de citer, pour appuyer son argumentation, les "très bonnes conditions" auxquelles la Belgique vient tout juste d'émettre de nouvelles obligations.
Pas de démantelement
A rebours des spéculations de presse, le gouvernement belge a assuré mardi soir qu'il n'était nullement question de démanteler Dexia. "C'est l'inverse que nous voulons faire", a insisté M. Reynders, lequel entend à présent consolider les activités de la banque en Belgique, notamment par "l'abandon d'activités dans un certain nombre de pays", a-t-il confié.
"Tout cela va se décider dans une série de négociations. Il y a plusieurs solutions possibles", a-t-il ajouté sans exclure l'intervention de partenaires extérieurs. Comme en 2008, le gouvernement a par ailleurs décidé mardi soir de rétablir un "comité de monitoring" pour suivre les évolutions chez Dexia.
Celui-ci tiendra se première réunion ce mercredi matin tandis que le dossier devrait revenir au "kern", vendredi matin. Interrogé sur l'inquiétude affichée par certains clients de la banque en Belgique, M. Leterme a assuré qu'il n'y avait "aucune raison pour les gens de retirer leur argent" de Dexia.
Garantie pour les clients
Conformément à une règle européenne, le gouvernement belge garantit tous les comptes bancaires à hauteur de 100.000 euros par banque et titulaire, a rappelé à cet égard Didier Reynders. Déjà sérieusement secoué par la crise de 2008, le groupe Dexia est à nouveau dans l'oeil du cyclone en raison de la composition de son portefeuille d'actifs et de ses difficultés à se financer sur le marché interbancaire.
Après une chute de plus de 10% lundi, le cours de Dexia a à nouveau perdu plus de 20% mardi, l'action clôturant 1,01 euro en fin de journée.
Le holding, né en 1996 de la fusion du Crédit local de France et du Crédit communal de Belgique, avait fait l'objet d'un premier sauvetage après la tempête financière provoquée par la chute de Lehman Brothers, il y a tout juste trois ans. Le groupe emploie plus de 35.000 personnes dans le monde, dont plus de 13.000 rien qu'en Belgique où Dexia compte quelque 4 millions de clients. (belga)


