Entre janvier et mai 2007, le taux d'absentéisme à La Poste est reparti à la hausse, passant de 8,14 à 8,52, loin de l'objectif de 7% fixé - et confirmé - par l'entreprise publique. Face à ce constat, La Poste a transmis à son département des ressources humaines un plan "drastique" de lutte contre ce phénomène, a-t-on appris de bonne source.
La Poste y évoquerait la mise en place d'un "suivi individuel rapproché", par l'intermédiaire notamment de la distribution, chaque mois, de rapports individualisés aux responsables des ressources humaines. Sur base de ces documents, des entretiens seraient organisés avec ceux qui affichent un "comportement différent de la norme". Par ailleurs, un objectif d'absentéisme - qui devra être atteint par chaque manager - pourrait être introduit et des rencontres de sensibilisation seraient organisées avec les médecins traitants les plus fréquemment consultés par les postiers.
Le volet répressif serait lui aussi renforcé afin de "donner un signal clair: La Poste ne continuera pas de travailler avec des personnes qui perturbent la bonne organisation du service". Les contractuels barémiques pourraient ainsi être licenciés et des bureaux pourraient voir leurs activités rabotées pour cause de faibles performances. "Nous restons dans la continuité des mesures prises en 2007", a de son côté souligné Emmanuel Foulon, l'un des porte-parole de l'entreprise en rappelant par ailleurs que depuis 2002, l'absentéisme à La Poste connaît une "diminution constante et encourageante".
"En 2002, le taux d'absentéisme atteignait 9,55%; en 2006, il avait reculé à 8,52%. Pour 2007, nous restons sur les mêmes bases que l'année précédente en raison notamment des réorganisations menées au cours du premier semestre", a expliqué le porte-parole. L'entreprise est en phase de changements pour se préparer à la libéralisation du secteur. Dans ce contexte, c'est la communication qui permet de lutter contre l'absentéisme. Il faut expliquer les mesures prises sans oublier que nos agents passent aussi beaucoup de temps dehors, ce qui les expose davantage", a-t-il ajouté.
Malgré ce plaidoyer pour la communication, c'est l'inquiétude qui domine dans les rangs syndicaux. "Nous craignons les dérives et les pressions sur le personnel", a ainsi déclaré André Blaise (CSC). "Des milliers de postiers - dont l'âge moyen est de 45 ans - ne parviennent plus à suivre le rythme, d'autant que toutes les unités de l'entreprise sont en restructuration. Dans cette situation, les principaux facteurs d'absentéisme sont imputables à l'entreprise", a-t-il poursuivi.
Son de cloche identique du côté du syndicat libéral où l'on estime que "le manque de personnel, la pression sur le travail et les incertitudes en ce qui concerne l'avenir jouent un rôle" prépondérant. Ceci dit, le taux d'absentéisme à La Poste n'est "pas plus élevé que dans les autres secteurs où les gens travaillent dehors", a indiqué Marc Demeulder (SLFP). "Les travailleurs qui sont réellement malades n'ont rien à craindre du plan de la direction et c'est l'immense majorité des absents", a-t-il conclu. (belga)


