Le sort de Carsid, toujours à l'arrêt, sera bientôt tranché

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Par: rédaction
9/11/11 - 18h01
© belga.

Fin octobre 2008, alors que le virus de crise financière se propage à l'économie réelle, la direction de Carsid annonce la mise en chômage économique, à partir du 11 novembre suivant et pour une durée de 13 semaines, du millier de travailleurs de l'entreprise située à Marcinelle (Charleroi). Trois ans plus tard, le site est toujours à l'arrêt. Son sort, toujours incertain, devrait toutefois être tranché pour la fin du premier semestre 2012.
 
Lorsque tombe, à l'automne 2008, la décision de mettre le personnel de Carsid en chômage économique, c'est une phase à chaud comprenant non seulement un haut-fourneau d'une capacité annuelle de 2 millions de tonnes de brames mais aussi une aciérie, une agglomération et une centrale électrique qui sont mises à l'arrêt. Le site carolo fait alors partie de Steel invest & finance (SIF), une co-entreprise créée en 2006 et détenue à parts égales par l'Italo-Suisse Duferco et le groupe russe Novolipetsk Steel (NLMK).
 
Cette décision lourde de conséquences sur le plan social intervient alors que la demande mondiale d'acier plonge, de même que les prix, sous l'effet de la plus importante crise économique de l'après-seconde Guerre Mondiale.
 
Très vite, la mise en chômage économique de Carsid est prolongée jusqu'à la fin du premier trimestre 2009, avant d'être à nouveau prorogée. En janvier 2010, la direction de Carsid annonce que la production ne reprendra pas avant la fin du deuxième trimestre 2010.
 
Raisons invoquées: le prix de vente trop bas et le niveau toujours trop faible de la demande d'acier sur les marchés de l'automobile et de la construction. Fin mai 2010, l'échéance est à nouveau reportée, cette fois à la fin octobre.
 
Pendant ce temps, l'approvisionnement en brames des sites de Clabecq (spécialisé dans les plaques) et de La Louvière (transformation de produits plats et produits longs) est assuré par les haut-fourneaux russes de NLMK.
 
NLMK reprendra bientôt, au printemps 2011, pour 600 millions de dollars, les parts de Duferco dans SIF. Le groupe russe met ainsi la main en Belgique sur les activités "produits plats" de La Louvière, sur le site de Clabecq ainsi que sur plusieurs centres de distribution.
Quant à Duferco, il conserve la filière "produits longs" de La Louvière ainsi que Carsid, toujours à l'arrêt et désormais coupé de son aval.
 
Lors de l'officialisation du divorce à l'amiable avec NLMK, le patron de Duferco Belgium, Antonio Gozzi, annonce qu'il se lance "avec son bâton de pèlerin" à la recherche d'une solution industrielle susceptible d'offrir un aval à Carsid. Il se dit prêt à un partenariat, voire même à céder les installations carolorégiennes pour un euro symbolique. Il faut dire qu'en cas d'abandon définitif des activités, la facture de dépollution pourrait s'avérer salée. Les ouvriers, eux, se montrent de plus en plus pessimistes.
 
Le mois dernier, le ministre wallon de l'Economie, Jean-Claude Marcourt, laisse entendre que trois candidats repreneurs se sont montrés intéressés. Il s'agirait de groupes italien, ukrainien et thaïlandais.
 
Quelques jours plus tard, fin octobre, Antonio Gozzi confirme être en dialogue avec "trois industriels qui, pour des raisons différentes, pourraient être intéressés" par Carsid. Il tait leur nom par souci de discrétion.
 
Le patron de Duferco Belgium déclare par contre qu'il se donne jusqu'au premier semestre 2012 pour trouver une solution. Et M. Gozzi d'énumérer les atouts dont jouit, selon lui, Carsid: localisation au coeur de l'Europe, grand professionnalisme et savoir-faire technique des travailleurs. Il évoque même le prix de revient de la brame d'acier produite à Carsid et qui, bien que plus élevé que pour un haut-fourneau maritime, est "plus compétitif" que le prix de revient du haut-fourneau d'ArcelorMittal à Liège, dont l'arrêt vient d'être annoncé.
 
Afin d'attirer les investisseurs, Antonio Gozzi se dit encore prêt à investir dans la réfection, selon les meilleurs technologies disponibles, de la cokerie alimentant Carsid et qui a été fermée en janvier 2008.
 
Aujourd'hui, après trois ans de chômage économique, à peine 35 travailleurs, principalement des cadres -soit 3,5% du personnel de Carsid- ont définitivement quitté l'entreprise.
 
Si les plus optimistes veulent encore croire au maintien de la phase à chaud carolo, la nouvelle crise économique en cours pourrait toutefois sceller le sort de l'entreprise. Et marquer la fin d'une époque à Charleroi. (belga)

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