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Le gouvernement a défendu dimanche, par la voix de plusieurs ministres invités dans les débats dominicaux de la RTBF et de RTL, les mesures de rigueur budgétaire, face à des représentants syndicaux très critiques contre "l'austérité".
Le corps politique défend sa ligne de conduite
Citant les exemples de pays du sud de l'Europe, mais aussi du Royaume-Uni, la secrétaire générale de la FGTB, Anne Demelenne, a affirmé que les coupes budgétaires pousseraient le pays vers la récession. Le secrétaire général de la CSC, Claude Rolin a, pour sa part, réfuté toute irresponsabilité des syndicats, en soulignant que le préavis de grève avait été donné très longtemps à l'avance.
Avec des accents différents, les ministres ont défendu l'action du gouvernement. Les mesures décidées en Belgique sont très différentes de "l'austérité aveugle" mise en oeuvre en Angleterre, a dit la vice-première ministre PS Laurette Onkelinx. "On fait un amalgame entre l'austérité aveugle et des rigueurs obligatoires", a renchéri la vice-première cdH Joëlle Milquet.
Fermeté de Chastel
Le ministre MR du Budget, Olivier Chastel, a critiqué "une réaction inappropriée" des syndicats, soulignant que le gouvernement belge est "le seul d'Europe" à garantir le maintien de l'âge de la pension légale, l'indexation des salaires et le caractère illimité dans le temps des allocations de chômage.
M. Chastel a exclu que la grève puisse amener la majorité à changer de cap. "Nous appliquerons l'accord de gouvernement, un point c'est tout", a-t-il affirmé.
Menaces
"Si le gouvernement reste dans une attitude de surdité générale, il y aura encore d'autres mouvements sociaux", a rétorqué Claude Rolin.
Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, a en outre réfuté que le caractère illimité du chômage ait été maintenu. Selon lui, la réforme du stage d'attente, à l'issue duquel les chômeurs ne bénéficieront plus que de trois années d'allocations, privera au moins 50.000 personnes d'allocations à partir de 2015.
"L'immense majorité d'entre eux ne sont pas des étudiants, mais des gens qui ont travaillé. Toutes les caissières qui ont travaillé à temps partiel et qui sont licenciées sont dans ce cas de figure", a-t-il expliqué à Belga.
Le PS ne sautera pas l'index
Les débats télévisés ont aussi porté sur la perspective d'un saut d'index, évoquée par le ministre des Finances, Steven Vanackere (CD&V) dans une interview. Laurette Onkelinx a fermé la porte à cette option, en affirmant que le PS ne la cautionnerait en aucun cas. Elle a reçu le soutien de Joëlle Milquet, selon qui "le saut d'index n'est pas à l'ordre du jour" du gouvernement fédéral.
La promesse a été accueillie avec scepticisme par les syndicats. "Nous avons perdu confiance", a répondu Anne Demelenne.
L'économiste Bruno Colmant a suggéré de "moduler" le saut d'index, en plafonnant l'augmentation de salaire pour les revenus les plus élevés. Thierry Bodson, a rejeté cette option. Pour réduire les inégalités, il est préférable selon lui d'accentuer la progressivité de l'impôt, avec des tranches à 55% et 65%.
Droit au travail
Le déroulement de la grève de lundi a également provoqué quelques frictions. Pour Jo Libeer, l'administrateur délégué de l'organisation patronale Voka, "les premières victimes de la grève, ce seront les entreprises. On fait des problèmes à des gens qu'on ne vise pas. Pour nous, il serait inacceptable de bloquer les zonings industriels. Il y a bien sûr le droit à la grève, mais il y a aussi le droit au travail", a-t-il dit.
Sans soutenir les blocages, les syndicats n'en ont pas vraiment exclu la possibilité. "Nous ne les soutenons pas, mais la colère est grande. Je ne réponds de rien", a affirmé Anne Demelenne. (belga/acx)
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