Les places boursières européennes chutaient lundi à l'ouverture dans la crainte d'une aggravation de la crise financière et d'une récession économique aux Etats-Unis. La Bourse de Paris affichait la plus forte baisse avec un recul de 3% du CAC-40 vers 09h30, tandis que le Footsie à Londres chutait de 2,2% et le Dax de Francfort de plus de 2%. Madrid, Amsterdam, Stockholm et Zurich perdaient également environ 2%.
La débâcle s'accélère
Après avoir perdu 9,82% en 9 séances consécutives de baisse, la débâcle s'accélérait encore lundi matin pour l'indice BEL 20 qui perdait jusqu'à 3,15% en début de journée, dans le sillage des bourses asiatiques. Vers onze heures, il abandonnait toujours 3% à 3.584 points dans un marché fort nerveux.
Seule Omega Pharma (31,54) était positive au sein de l'indice vedette où elle regagnait 0,6% après son plongeon de 25,92% de la séance précédente avant de repasser elle-même légèrement dans le rouge. Les plus fortes baisses étaient par contre à nouveau notées en Dexia (14,32) et Fortis (14,33), avec des chutes de 5,4 et 5,5% dans un secteur où KBC (80,87) limitait sa perte à 2,9%.
Déception
Cette baisse généralisée traduit, selon les professionnels, la déception des investisseurs vis-à-vis du plan annoncé vendredi par le président américain George W. Bush pour soutenir l'économie face à la crise financière et immobilière et à la chute de confiance des consommateurs.
Pire en Asie
Les principales places asiatiques, qui étaient fermées pour le week-end lors de l'annonce du plan Bush, ont chuté encore plus lourdement que Wall Street, où le Dow Jones avait cédé vendredi 0,49% et le Nasdaq 0,29%. Les marchés américains étaient fermés lundi, jour férié aux Etats-Unis.
A Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei des valeurs vedettes a plongé de 3,86%, terminant à son plus bas niveau depuis 27 mois. A Shanghai, l'indice composite s'est effondré de 5,14% en clôture. A Hong Kong, l'indice Hang Seng a dévissé encore plus brutalement, perdant 5,5% à la clôture pour terminer sous les 24.000 points à 23.818,86 points.
A Sydney, l'indice S&P/ASX 200 a fini la journée sur un recul de 2,90%. Il a reculé pour la onzième journée consécutive, marquant ainsi sa plus longue série ininterrompue de baisse depuis 1982.
L'indice Kospi de la Bourse de Séoul a terminé à son plus bas niveau en cinq mois après une chute de 2,95%. Les pertes ont été plus modérées en Nouvelle-Zélande, où l'indice NZX-50 ne s'est érodé que de 0,48%. Taïpeh (-0,91%) et Manille (-0,51%) ont également limité les dégâts. La tendance était la même lundi en Inde, avec une baisse de 5,45% à la mi-séance sur la place de Bombay.
Ventes de panique
Cette dégringolade des places boursières en Asie a été suivie à l'ouverture par les principales Bourses en Europe. "Nous assistons à un grand nombre de ventes de panique", a commenté Stuart Smith, conseiller chez Bell Potter Securities. M. Smith a toutefois jugé que la crise actuelle constitue une purge bénéfique pour le marché, car "les titres des sociétés les moins transparentes et les moins claires sur leurs projets d'affaires sont massivement vendus".
Partout en Asie, les investisseurs ont mal réagi aux propositions du président Bush, qui compte lancer un vaste plan pour contrer les craintes de plus en plus fortes d'une récession de la première économie mondiale. Selon la presse américaine, l'une des mesures phares serait une remise d'impôts pouvant aller jusqu'à 800 dollars par personne.
Situation incertaine
"Les réactions du marché au train de mesures économiques sont neutres dans le meilleur des cas, et au pire négatives. L'étendue du plan est plus limitée qu'espérée et la plupart des investisseurs attendent de connaître le détail des mesures", a commenté Conita Hung, économiste chez Delta Asia Securities à Hong Kong. "La situation sur le marché est très incertaine. Les investisseurs ont des doutes quant au plan de relance de Bush, ils se demandent si cela sera suffisant pour revitaliser l'économie américaine", a ajouté Rommel Macapagal, président de Westlink Global Equities à Manille.
S'accrocher
Stuart Smith, de Bell Potter Securities à Sydney, conseillait toutefois à ses clients de rester stoïques et d'attendre la fin de la tempête. "Ce genre de situation ne se produit qu'une fois tous les dix ans environ, il faut s'accrocher et tenir bon. Mais le marché finit toujours par remonter et par battre de nouveaux records", a-t-il dit. (afp)


