Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a convenu mercredi qu'il avait espéré que les prêts massifs consentis ces derniers mois par l'institution aux banques européennes profiteraient plus rapidement à l'économie réelle.
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La BCE a prêté quelque 1.000 milliards d'euros sur trois ans à des conditions très avantageuses aux banques de la zone euro lors de deux opérations exceptionnelles en décembre puis en février, espérant stimuler ainsi l'octroi de crédit et par là-même l'activité économique dans son ensemble.
"Gagner du temps"
Mais dans l'économie à l'heure actuelle "la demande est contenue donc la demande de crédit est contenue", a déclaré M. Draghi lors d'une audition devant des députés européens. Les opérations de prêts ont certes amélioré la situation financière des banques et permis de "gagner du temps", a dit M. Draghi, ce qui n'est "pas négligeable", "mais nous ne pouvons pas suppléer au manque de demande", a-t-il ajouté.
Le président de la BCE a précisé que l'un des effets notoires de ces prêts géants avait été de faire "augmenter le portefeuille d'obligations d'Etat des banques".
Etude sur le crédit en zone euro
Les résultats de la nouvelle étude trimestrielle de la BCE sur le crédit en zone euro, publiés mercredi, témoignent par ailleurs de conditions de crédit qui continuent à se resserrer, mais à un rythme moindre que les trimestres précédents. Aux troisième et quatrième trimestre 2011, l'étude avait fait état d'un durcissement inquiétant des conditions de prêt. Selon l'étude, la détente observée au premier trimestre s'explique principalement par la baisse des pressions sur les banques de la région, qui ont pu se refinancer plus facilement et qui, grâce aux deux prêts exceptionnels sur trois ans de la BCE, n'ont plus de problèmes de liquidités. Ainsi sur le panel de 131 instituts de crédit interrogés, 9% d'entre eux ont resserré les conditions du crédit aux entreprises non financières, alors qu'ils avaient été 35% à le faire au quatrième trimestre, selon l'étude. Concernant les prêts aux ménages, 17% des banques ont durci leurs conditions de prêts immobiliers contre 29% au quatrième trimestre, et 5% des banques l'ont fait pour les crédits à la consommation, contre 13% au trimestre précédent.
Recul
Faisant écho aux inquiétudes de M. Draghi, l'étude montre que le recul de la demande de crédit a été important au premier trimestre, parallèlement à l'assombrissement de la conjoncture: la demande de crédit des entreprises non financières a chuté de 30%, contre -5% au quatrième trimestre. La demande des prêts immobiliers des ménages s'est effondré de 43% contre -27% le trimestre précédent, et celle du crédit à la consommation a baissé de 26% contre -16% le trimestre précédent.
Les banques s'attendent à ce que le phénomène de resserrement du crédit continue à ralentir au deuxième trimestre 2012, notamment en faveur des entreprises non financières. Le déclin de la demande de crédit devrait également ralentir pour les prêts aux ménages, et la demande de prêts devrait même de nouveau augmenter pour les entreprises, ajoute l'étude.



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