Le taux à 10 ans des obligations de la France a atteint un nouveau plus bas historique jeudi matin, signe que la dette du pays est de nouveau plébiscitée par les investisseurs, malgré l'arrivée de la gauche au pouvoir, dans un contexte de crise en zone euro.
Peu avant 09H30, le taux français, qui évolue en sens inverse de la demande, a touché 2,351%, effaçant son précédent record du 25 mai. Vers 09H50, il était à 2,369% contre 2,464% mercredi à la clôture.
La France en profitait pour réduire l'écart avec l'Allemagne puisque le spread (écart de taux) sur les obligations à 10 ans des deux pays revenait à 109,7 points de base, soit 1,1 point de pourcentage. Le taux allemand était lui en très légère hausse à 1,272% (contre 1,265%).
"La France bénéficie d'un contexte assez confus en Europe. Il n'y a pas de facteurs franco-français derrière cette détente", relativise Frédérik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB. Les investisseurs se ruaient en effet vers les titres de dette qu'ils jugent les plus sûrs tout en se détournant des pays comme l'Espagne et l'Italie.
Les craintes se concentrent ces derniers jours sur les difficultés du gouvernement espagnol à recapitaliser ses banques, sur fond d'incertitudes persistantes en Grèce avant les élections du 17 juin. Du coup, "le verdict du marché pour l'instant c'est que la France se range avec l'Allemagne et l'Autriche" sur le marché de la dette, c'est-à-dire parmi les pays les plus crédibles, observe M. Ducrozet.



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