L'Europe replonge nettement, Wall Street en fort recul
Les Bourses européennes ont nettement replongé mercredi, encaissant mal les déclarations du président de la BCE qui a exclu une baisse de taux rapide dans la zone euro, après un fort rebond des places asiatiques.
A New York, Wall Street ne parvenait pas à se redresser à mi-séance: Le Dow Jones perdait 1,69% et le Nasdaq 2,73%. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a laissé entendre dans la matinée qu'une baisse de taux, contrairement aux Etats-Unis, n'était pas au programme en zone euro. Mardi, face à la peur d'un ralentissement économique mondial, la Réserve fédérale américaine avait décidé en urgence d'amputer son principal taux directeur de 0,75 point de pourcentage, à 3,50%, ce qui a permis aux places mondiales de reprendre leur souffle.
A l'exception notable de l'Asie, la tendance s'est nettement inversée mercredi. Les Bourses européennes ont clôturé en forte baisse, Paris perdant 4,25%, Francfort 4,88% et Londres 2,28%. L'Eurostoxx, qui regroupe 50 valeurs européennes, a cédé 4,68%. La baisse de l'indice vedette DAX de Francfort a passé un seuil psychologique important en atteignant 20,18% depuis le début de l'année - presque autant que ce qu'il avait gagné au cours de toute l'année 2007.
Selon Werner Bader, stratège actions de la banque régionale LBBW, Francfort est plus touchée que d'autres places du fait de la grande dépendance de l'économie allemande aux exportations, qui rend les entreprises vulnérables aux soubresauts de la conjoncture mondiale.
Après un nouveau plongeon à l'ouverture de la séance, Wall Street était parvenue à frôler l'équilibre en matinée avant de retomber, alors que les bourses européennes rechutaient, ceint par les mêmes interrogations et également affecté par des prévisions décevantes de la part d'Apple. "Les marchés financiers restent sceptiques sur l'ampleur de l'impact" de la baisse surprise des taux par la Fed, qui nécessite plusieurs mois pour se faire ressentir sur l'économie, a noté Dick Green, analyste de Briefing.com.
"L'action de la Fed est un bon début, mais ne garantit pas que les difficultés des consommateurs vont s'amoindrir prochainement ou que l'économie va rapidement repartir", a souligné Frederic Dickson, analyste de DA Davidson & Co. La veille, la Bourse new-yorkaise était parvenue à limiter ses pertes, le Dow Jones terminant en baisse de 1,06% et le Nasdaq de 2,04%.
Mercredi, la Bourse de Toronto, principale place au Canada, était en baisse, le principal indice ayant cédé 2,5% à l'ouverture. Et Mexico a également ouvert sur une perte de 2,14%, tandis que Sao Paulo chutait de 3,14% à mi-séance.
Les Bourses nordiques ont toutes clôturé en baisse, comme Istanbul (-4,61%) ou encore Prague, qui a affiché une baisse de 4%, son plus bas niveau de clôture depuis septembre 2006.
Plus tôt en Asie, le rebond avait en revanche été général. A Tokyo, deuxième place financière mondiale, l'indice Nikkei a terminé en hausse de 2,04%, après une spectaculaire dégringolade de plus de 9% au cours des deux séances précédentes. A Hong Kong, l'indice Hang Seng a bondi de 10,7%. Il a enregistré la plus forte hausse en une journée sur la place, alors qu'il s'était effondré de 8,65% la veille, la plus lourde chute de son histoire. A Sydney, l'indice S&P/ASX 200 a terminé en hausse de 4,35% et Shanghaï a gagné 3,14%. Pour autant, les courtiers restaient prudents.
"Le cauchemar n'est peut-être pas fini. Les investisseurs ne sont pas complètement convaincus que l'action de la Fed empêchera l'économie américaine de glisser dans la récession, si ce n'est déjà fait", a avancé Astro del Castollo, directeur chez First Grade Holdings à Manille. Trois grands journaux économiques internationaux, The Economist, le Financial Times et le Wall Street Journal se demandaient mercredi matin si la Fed n'avait pas cédé à la panique en baissant ses taux aussi fortement et rapidement. (afp)