Le chef du gouvernement italien Mario Monti
© ap.
MISE À JOUR Le chef du gouvernement italien Mario Monti a assuré mercredi être "très serein" pour l'Italie dans un moment "crucial" alors que le pays est revenu dans la ligne de mire des marchés financiers.
"Nous sommes très sereins par rapport à la façon dont l'Italie se présente aujourd'hui dans le contexte international et devant les marchés internationaux", a-t-il déclaré devant les députés italiens, en soulignant que "l'Europe et le pays" vivaient "une phase particulièrement intense et particulièrement cruciale".
Points positifs
M. Monti a mis en avant les forces de l'Italie, à savoir un déficit public et un taux de chômage inférieurs à la moyenne européenne, une dette privée "plus basse" et des banques pour la plupart "stables" car elles "n'ont pas financé la spéculation immobilière".
Hausse des taux
Le chef du gouvernement a donc estimé que la forte hausse actuelle des taux italiens n'était pas due à des facteurs "spécifiquement italiens" et a assuré qu'ils se détendraient si les dirigeants européens adoptaient un "paquet crédible de mesures pour la croissance" lors de leur sommet fin juin.
Croissance
"Avant tout, l'Europe a besoin de plus de croissance. Nous sommes tous adultes à présent et nous savons que cette croissance ne peut intervenir d'une façon soutenable sans discipline budgétaire", a-t-il déclaré. Pour M. Monti, "on ne peut pas dire que la croissance est une chose importante mais qui viendra après, une fois résolus les problèmes budgétaires". Au contraire, "une plus grande croissance, si elle est mise en chantier de façon crédible, aidera aussi à résoudre les problèmes des marchés financiers".
Pare-feux européens
M. Monti a expliqué qu'il plaiderait devant ses partenaires européens, le 28 juin à Bruxelles, pour un développement des "pare-feux européens" et la création d'euro-obligations, même si celles-ci ne "seront pas opérationnelles dès cette année".
Souveraineté
Alors que l'Italie est revenue dans la ligne de mire des marchés depuis le début de la semaine, M. Monti avait affirmé mardi soir dans une interview à la radio publique allemande ARD que l'Italie "même à l'avenir, n'aura pas besoin de l'aide du Fonds de soutien de la zone euro (FESF)". Mercredi, il a répété qu'il n'était pas question de "céder de façon asymétrique une partie de la souveraineté" du pays. "Les efforts que les Italiens ont faits ont été durs à accepter mais ils l'auraient été encore plus s'ils avaient été dictés par la troïka" UE-BCE-FMI, a-t-il estimé.
Méfiance
L'Italie, qui avait réussi à regagner quelque peu la confiance en début d'année grâce aux mesures de rigueur et aux réformes du gouvernement Monti, fait face à un retour de la méfiance des investisseurs et ses taux à dix ans sont repassés au-dessus de la barre symbolique des 6%.
Nouvel emprunt
Le Trésor italien a emprunté mercredi comme prévu 6,5 milliards d'euros à un an mais a vu ses taux d'intérêt s'envoler alors que la péninsule est revenue depuis le début de la semaine dans la ligne de mire des marchés, a annoncé la Banque d'Italie. Les taux de ces obligations à un an se sont inscrits à 3,972% contre 2,34% lors de la dernière opération similaire le 11 mai.
La demande des investisseurs est toutefois restée soutenue, s'élevant à 11,26 milliards d'euros.
L'Italie, qui croule sous une dette colossale représentant environ 120% de son PIB, reviendra sur le marché jeudi avec une émission à moyen et long terme.



édité par: