Les députés européens Hannes Swoboda, Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt
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La nouvelle poussée de fièvre sur le marché de la dette souveraine en Europe, que n'a pas empêché le plan de sauvetage des banques espagnoles, a donné de la voix aux eurosceptiques du Parlement européen, qui ont appelé les dirigeants de l'UE à reconnaître l'échec de l'euro. Ils se sont heurtés aux principales forces politiques de l'assemblée, lesquelles veulent au contraire renforcer l'intégration européenne pour surmonter la crise.
"L'euro-titanic a touché l'iceberg et il n'y a malheureusement pas assez de gilets de sauvetage", a lancé le Britannique Nigel Farage (UKIP). L'eurosceptique, qui a l'habitude de s'en prendre à Herman Van Rompuy, a une nouvelle fois égratigné le président du Conseil européen. "N'a-t-il pas déclaré que le plus dur de la crise était derrière nous", a-t-il ironisé en référence aux propos tenus par M. Van Rompuy lors du dernier sommet européen.
Le conservateur britannique Roger Helmer s'en est pris pour sa part au chef de file des libéraux, Guy Verhofstadt, après un nouveau plaidoyer fédéraliste de ce dernier. "Il est temps de reconnaître que l'euro est en ruines", lui a-t-il lancé, appelant au "démantèlement de l'euro et de l'Union européenne".
Mais pour les principales forces politiques du Parlement, la crise appelle au contraire à un approfondissement de l'intégration européenne. Le chef du groupe du Parti populaire européen (PPE), Joseph Daul, a appelé à un saut vers "une souveraineté politique partagée", dans un discours applaudi, qui a trouvé des échos chez les les socialistes, les libéraux et les écologistes.
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José Manuel Barroso lors d'un discours au Parlement européen
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Barroso critique ceux qui ne mesurent pas l'urgence de la situation
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé mercredi à une plus grande intégration au moment où l'UE est à "un moment crucial" et a décoché des flèches à l'encontre de "capitales" qui ne mesurent pas l'urgence de la situation.
"Nous sommes à un moment crucial pour l'intégration européenne et même pour l'Union européenne. (...) Nous avons un problème systémique devant nous, nous devons avoir un cap et le maintenir", a déclaré M. Barroso devant le Parlement européen à Strasbourg. "Je ne sais pas si l'urgence est bien comprise par toutes les capitales aujourd'hui", a toutefois estimé le chef de l'exécutif européen.
Le cas grec
Revenant sur le cas de la Grèce qui s'achemine vers des élections cruciales pour son avenir, M. Barroso a estimé que le pays "devrait rester dans la zone euro à condition de respecter ses engagements". Il préconise à moyen terme de "mettre en place des pare-feu financiers, de réformer le secteur bancaire et de bâtir une union budgétaire" grâce aux instruments de discipline existants ou qui devraient bientôt voir le jour, comme le "two pack", deux textes législatifs sur lesquels les eurodéputés doivent se prononcer ce mercredi à Strasbourg.
Ce paquet législatif sur la gouvernance économique vise à renforcer les pouvoirs de la Commission dans l'examen des budgets des États membres, mais M. Barroso propose également des initiatives de croissance qui pourraient ouvrir la voie aux euro-obligations. Le "two pack" propose en effet la création d'un fonds européen d'amortissement pour les dettes dépassant 60% du PIB du pays, ce qui fait débat. Les moyens de relancer la croissance seront également au coeur du sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles.



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