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Merkel refuse d'être montrée du doigt au G20

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édité par: Julien Collignon
14/06/12 - 15h31  Source: afp.com
© afp.
© reuters.
© afp.

La chancelière Angela Merkel, pressée de toute part d'en faire plus pour lutter contre la crise, a prévenu jeudi qu'elle ne pouvait assumer seule cette responsabilité au G20, tout en martelant son message pour plus d'Europe.

"Les forces de l'Allemagne ne sont pas illimitées", a-t-elle déclaré dans un discours au Bundestag, chambre basse du parlement, consacré au prochain sommet du G20 à Los Cabos, au Mexique.

Elle s'est dite consciente du fait que, "une fois de plus, tous les yeux seront rivés sur l'Allemagne" lors de cette réunion.

Mettant dans le même sac diverses demandes adressées à Berlin, comme la création d'euro-obligations pour mutualiser la dette ou une relance par de nouvelles dépenses, la chancelière a rejeté l'idée qu'un tel "grand coup" puisse résoudre les problèmes de l'Europe et du monde.

"A tous ceux" qui attendent cela de l'Allemagne, "je leur dis: oui, l'Allemagne est forte, elle est le moteur de l'économie et le pôle de stabilité en Europe". Mais "tous les paquets (d'aide) résonneront dans le vide si on surestime les forces de l'Allemagne", a déclaré Mme Merkel.

Ses mises en garde arrivent alors que beaucoup voient dans l'Allemagne, première économie européenne, à la fois la seule planche de salut et le seul obstacle à une solution rapide de la crise. "Schnell, Frau Merkel", l'enjoignait ainsi le quotidien italien Il Sole 24 Ore en début de semaine. Ces appels irritent de plus en plus à Berlin.

L'Allemagne ne s'estime pas épargnée par les problèmes: sa croissance montre des signes de faiblesse, les taux de sa dette se sont légèrement tendus en début de semaine, inquiétant les investisseurs.

L'hebdomadaire Die Zeit (centre-gauche) titrait d'ailleurs jeudi "tout le monde veut notre argent". Une tâche herculéenne Or ce n'est pas avec de nouvelles dépenses que la chancelière veut régler les problèmes. Ce serait selon elle une "solution de facilité", comme elle l'a répété jeudi.

Elle a donc martelé son credo pour des réformes économiques de structures et une intégration européenne renforcée, avec à la fois plus de solidarité mais aussi plus de contrôle sur les différents pays. Des projets à long terme, seuls capables, selon elles, de faire reposer la croissance "sur des fondations solides et sincères".

Elle a souligné que la réduction des déficits publics allait "main dans la main" avec la croissance. Et cette croissance passe nécessairement par une augmentation de la compétitivité de chacun. "Je sais que c'est pénible, c'est douloureux, c'est (un travail) de longue haleine, une tâche herculéenne", a reconnu la chancelière, "mais toute alternative serait de la poudre aux yeux".

En résumé, comme l'avait dit la veille son ministre des Finances Wolfgang Schäuble, "chacun doit balayer devant sa porte". Cela vaut pour les pays de la zone euro, mais aussi dans le cadre plus large du G20. "La zone euro ne peut pas porter seule la responsabilité de la croissance. Tous les partenaires doivent faire des efforts", a martelé Mme Merkel.

Les responsables allemands sont notamment toujours prompts à pointer du doigt les gigantesques déficits des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont justement adopté mercredi un ton plus conciliant envers Berlin.

"Je trouve injuste de considérer l'Allemagne comme la seule source du problème actuellement", a dit le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner. Un éditorial du Financial Times jugeait en début de semaine que ses partenaires isolaient et chargeaient la barque de l'Allemagne à leur péril.

Le Wall Street Journal s'est exprimé dans le même sens. Et même le président français François Hollande a reconnu que la croissance "ne (naîtrait) pas de dépenses publiques supplémentaires". Mme Merkel peut aussi compter sur le soutien indéfectible des Allemands. Elle reste la personnalité politique la plus respectée de son pays, selon un récent sondage, et la majorité de ses concitoyens font confiance à sa gestion de la crise.

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