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Les chefs d'Etat et de gouvernement l'Union européenne se réunissent en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles. Ils sont face à un choix cornélien concernant la monnaie unique: amorcer la transition vers une Europe fédérale ou courir le risque d'un éclatement de la zone euro. Après deux années de plans de sauvetage qui n'ont pas permis d'apaiser les tensions sur les dettes, un véritable saut fédéral est désormais envisagé, mais les divergences sur les moyens d'y parvenir sont énormes.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a résumé dans une note diffusée cette semaine les quatre principaux enjeux du sommet: mettre en place une véritable supervision financière européenne ("union bancaire"), un cadre budgétaire intégré (un contrôle mutuel complet des décions budgétaires et la mise en commun des dettes), un cadre intégré pour les politiques socio-économiques et la mise en place d'un contrôle démocratique du système.
Cet approfondissement envisagé de l'intégration européenne, comparable en ampleur au lancement de l'union monétaire à Maastricht en 1992, vise à répondre au défi sans précédent posé par la crise des dettes souveraines et bancaires. Les plans de sauvetage successifs de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal, de l'Espagne et de Chypre n'ont pas permis d'apaiser les marchés, qui défient désormais l'Italie et menacent de faire exploser les "pare-feu" insuffisants de la zone euro.
Face aux conséquences économiques et politiques désastreuses d'un éclatement, les dirigeants européens semblent se résoudre à un grand saut fédéral. Mais ils s'opposent sur les moyens, sur le calendrier et sur la séquence.
La chancelière allemande, Angela Merkel
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Merkel refuse toute mise en commun des dettes
L'Allemagne d'Angela Merkel refuse farouchement toute mise en commun des dettes, qu'elles soient privées (via l'union bancaire) ou publiques (via les euro-obligations), tant que tous les pays de la zone euro n'auront pas accepté des règles strictes de discipline budgétaire et une supervision financière commune.
Dans un discours aux députés du Bundestag mercredi, Mme Merkel a prévenu, une fois de plus, qu'il n'y avait "pas de solution rapide, facile à la crise" et plaidé pour "des solutions durables, pas un feu de paille".
Sa vision est partagée par un certain nombre de pays (Autriche, Finlande, Pays-Bas) réticents à une mutualisation qui aurait pour conséquence de renchérir leurs propres coûts de financement.
François Hollande mise sur l'unité de la zone euro
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Mario Monti veut des décisions concrètes lors du sommet européen.
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Hollande, reticent au fédéralisme budgétaire
Mais le fédéralisme budgétaire préconisé par Berlin rencontre une forte opposition des pays pas disposés à accepter les très importants transferts de souveraineté qu'il nécessite. Le président français François Hollande, en particulier, est réticent à s'engager dans une voie qui pourrait exiger la ratification d'un nouveau traité.
L'Italie en détresse
L'heure n'est pourtant plus aux tergiversations. Les taux sur les emprunts italiens menacent de pousser, à son tour, l'Italie dans la détresse financièe. Le Premier ministre Mario Monti, à la tête d'un gouvernement technique, est en outre dans une situation délicate, alors que Silvio Berlusconi prépare son retour sur la scène politique avec une rhétorique anti-euro et anti-allemande.
Conscient de cette menace, Mario Monti espère obtenir des résultats concrets au sommet de Bruxelles. Non seulement sur l'avenir à moyen-terme de la zone euro, mais aussi, dans l'immédiat, sur les mécanismes de sauvetage.
Il est question de permettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) d'obtenir une licence bancaire et ainsi de se refinancer auprès de la Banque centrale européenne. Une solution équivalente à faire tourner la planche à billet pour acheter de la dette italienne, un autre tabou allemand.
Mario Monti s'efforcera de convaincre Angela Merkel jeudi soir, alors qu'au même moment, à Varsovie, leurs deux pays en découdront sur un terrain de football, en demi-finale d'un championnat d'Europe à haute valeur symbolique.
Elio Dirupo suit la législative éuropéenne selon sa propre politique
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La belgique, une zone euro à sa manière
Le Premier ministre Elio Di Rupo relève plusieurs "éléments très importants" dans la note préparée par le président du conseil européen Herman Van Rompuy mais elle n'est pas "à prendre ou à laisser".
"C'est une note d'initiation à la discussion", a-t-il souligné mercredi devant le Parlement en réponse aux demandes de son partenaire gouvernemental de l'Open Vld, lequel veut voir le gouvernement belge apporter son "plein soutien" à la note rédigée par l'ancien Premier ministre belge.
Le chef de groupe Open Vld à la Chambre a directement réagi: "Si l'on plaide pour plus d'Europe, on ne peut alors le faire à la carte", avait lancé quelques minutes auparavant le , Patrick Dewael, enjoignant dans la foulée le Premier ministre d'appliquer les recommandations de la Commission européenne visant l'indexation des salaires en Belgique, ou le recul de l'âge de la retraite.
"Je fais partie de ceux qui veulent plus d'Europe, mais plus d'Europe ne veut pas dire que c'est la Commission européenne qui va décider pour tous les citoyens", a répliqué le Premier ministre, rappelant qu'une recommandation, comme son nom l'indique, n'avait pas de caractère contraignant.
M. Di Rupo a répété devant les députés que la Belgique n'entendait nullement modifier son système de pensions, mais oeuvrer plutôt à mieux faire coïncider âgé légal et âgé effectif de départ à la retraite. Il a également rejeté toute suppression du système d'indexation. "La recommandation de la Commission sur ce sujet est trop prescriptive ou restrictive", a-t-il jugé, à la veille du sommet européen où les 27 seront appelés à endosser ces recommandations de la Commission aux Etats membres.


