Les autorités françaises rassurent les clients de la Société Générale

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Par: rédaction
25/01/08 - 11h06

Les autorités françaises, Nicolas Sarkozy en tête, s'employaient vendredi à rassurer les 10,5 millions de clients français de la Société Générale après l'annonce de pertes colossales dues à une fraude qui pose plus largement la question de la sécurité du système bancaire.

En visite en Inde, le président français a déclaré vendredi que cette fraude "interne" n'avait "pas touché la solidité ni la fiabilité du système financier français". "Aucun client ne perd quoi que ce soit, le contribuable n'est pas appelé en quoi que ce soit, les emprunteurs ne verront aucun changement", a renchéri le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, sur RTL. "Les emprunteurs pourront continuer à emprunter" à la Société Générale, a insisté M. Noyer, qui avait déjà tenté de rassurer le public la veille lors d'une conférence de presse convoquée en urgence après les révélations de la Société Générale.

A l'ouverture de la Bourse de Paris, l'action prenait 1,17% à 76,60 euros, au lendemain d'une baisse de 4,14%. La banque présidée par Daniel Bouton s'apprêtait à annoncer un bénéfice net de 5,5 milliards d'euros pour 2007 quand ses équipes ont découvert samedi qu'un trader avait réussi à déjouer seul tous les systèmes de contrôle de risque de la banque pour accumuler des positions cachées de plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Selon le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, elles se situeraient entre 50 et 73 milliards d'euros. Contrainte de vendre au plus vite ces positions en pleine tourmente boursière, la Société Générale accuse une perte finale de 4,9 milliards d'euros, à laquelle s'ajoutent 2 milliards de dépréciations d'actifs en raison de la crise financière.

Dès la révélation de la fraude jeudi, le Premier ministre François Fillon a tenté de rassurer les clients qui pourraient s'inquiéter pour leurs économies: "Je note que la Société Générale, malgré cette fraude, affiche un bilan (...) positif" et qu'elle "a pris des mesures très importantes pour faire face à cette situation". "Le gouvernement français suit avec une très grande attention la situation", a assuré le chef du gouvernement, qui s'exprimait en marge du forum de Davos (Suisse).

Alors que certains observateurs de la finance ont exprimé leur scepticisme sur la plausibilité qu'un seul homme ait pu causer un tel préjudice, M. Noyer s'est déclaré "certain" que cette perte n'était pas imputable au fait que la banque puisse avoir cherché à déguiser des pertes liées à la crise des "subprime". "Les systèmes de contrôle de la Société Générale sur ces risques importants, sur ces marchés de crédit, sur les risques américains ont parfaitement fonctionné", a ajouté M. Noyer, estimant que sur ce point, la Société Générale se trouvait "au meilleur niveau de protection qu'on trouve dans le monde aujourd'hui".

Selon lui, "la fraude a été faite sur des choses relativement simples, des grands marchés, des indices boursiers (...) C'était la méthode de fraude, extrêmement sophistiquée, qui a réussi à défier cinq barrières de contrôle interne du système de défense de la Société Générale". Mais le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a estimé que cette affaire révélait "un vrai problème de régulation, de contrôle du capitalisme financier". "Que vont penser les gens qui ont des économies dans ces banques, qui ont confiance dans leur banque, y placent de petites épargnes pour la retraite?", s'est-il interrogé, avant de réclamer "plus de transparence sur le système financier au niveau mondial". (afp)

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