La Banque européenne d'investissement (BEI) va aider au financement des PME grecques en abondant un fonds de garantie dédié à hauteur de 1,44 milliard d'ici à 2015 et aider le pays à court d'argent à mener à leur terme certains projets autoroutiers au point mort, ont annoncé samedi les ministres des Finances et du Développement.
"Je pense que les accords seront signés dans les jours qui viennent. Notre objectif est que la BEI soit de nouveau active auprès du secteur privé au plus tôt", a indiqué le ministre des Finances Yannis Stournaras, à l'issue de discussions avec Werner Hoyer, le président de la BEI. Dans un communiqué commun, les deux ministres ont affirmé que la rencontre avec M. Hoyer avait permis de "résoudre des questions en suspens" qui faisaient obstacle à l'accord depuis des mois.
Un fonds de garantie pour les PME, créé en mars, sera abondé à hauteur de 600 millions d'euros d'ici janvier, a indiqué le communiqué. La somme sera portée à 1 milliard d'ici à décembre 2013 et 1,44 milliard à l'horizon 2015, ont précisé les ministres. La BEI va également aider la Grèce à mener à terme un certain nombre de grands chantiers autoroutiers dont les travaux, entrepris par des groupes privés, ont été interrompus ces derniers mois.
Le secteur privé manque cruellement de fonds en Grèce où les banques ont fermé le robinet du crédit et l'Etat n'est même plus en mesure de payer ses fournisseurs. Les prêts de la BEI cette année se sont élevés à seulement 10 millions d'euros, a indiqué M. Stéournaras, un montant limité qui s'explique par l'incertitude politique dans laquelle la Grèce a été plongée en mai avant qu'un gouvernement puisse finalement être formé à la mi-juin et reprendre langue avec les bailleurs de fonds du pays, l'UE et le FMI.
"Cet accord est un vote de confiance en faveur de la Grèce. En plus de de soutenir des projets d'infrastructure et des PME, la coopération portera sur les moyens de favoriser les investissements étrangers et les privatisations", a indiqué de son côté le ministre du Développement Costis Hatzidakis, cité par l'agence officielle Ana.
Des informations avaient circulé en avril indiquant que la BEI cherchait à introduire des clauses en drachme dans ses contrats avec des entreprises grecques afin de se prémunir contre une possible sortie de la Grèce de la zone euro. Mais M. Stournaras a assuré samedi que les remboursements se feraient en euro.


