© photo news.
MISE À JOUR La Suède a annoncé jeudi qu'elle comptait abaisser son taux d'impôt sur les sociétés pour le ramener à un niveau plus bas que tous ses voisins nordiques, à 22%, à un moment où le chômage monte.
Selon des chiffres publiés jeudi, le taux de chômage a grimpé de 0,3 points en août, à 7,8%, son niveau le plus élevé depuis un an et demi. Le gouvernement a annoncé peu après que sa proposition de budget 2013 inclurait une baisse du taux de l'impôt sur les sociétés de 4,3 points, à 22%, applicable au 1er janvier.
D'après les données de l'OCDE, sur l'échelle européenne, cela placerait la Suède sous la moyenne européenne (23,4%), intercalée entre la Suisse (taux à 21,2%) et la Grande-Bretagne (23% prévus en 2013). La Suède aurait un impôt sur les sociétés moins lourd que tous ses voisins, la Norvège (28%), le Danemark (25%) et la Finlande (24,5%), et qui se rapprocherait de celui de l'Islande (20%).
Le ministère des Finances suédois, qui a une prévision ambitieuse de 2,7% de croissance en 2013, a indiqué qu'il espérait ainsi donner un coup de pouce à l'économie nationale. "Cela améliore les perspectives de nouveaux emplois et d'investissements. La diminution significative du taux d'impôt sur les sociétés doit renforcer l'environnement pour les investisseurs et la croissance", a-t-il expliqué dans un communiqué. "Grâce à une politique prudente qui assure une base solide et stable à son économie, la Suède peut faire des investissements importants pour l'avenir, afin d'avoir plus d'emplois dans un contexte où presque tous les autres pays européens sont confrontés à des hausses d'impôts et des réductions des prestations sociales", a-t-il ajouté.
Nombreux sont les économistes qui doutent que la Suède parvienne aux 1,6% espérés par l'exécutif cette année. L'agence de notation Moody's table sur seulement 0,3%. Et les mauvais chiffres du chômage n'ont fait qu'accentuer les craintes. Dans l'année à venir, "la croissance suédoise a des chances de rester clairement inférieure à la tendance habituelle", a estimé Anders Brunstedt, de la banque Handelsbanken.
Le gouvernement de centre-droit, arrivé au pouvoir en 2006 et reconduit par les électeurs en 2010, avait indiqué fin août qu'il avait abandonné son idée de dégager un excédent budgétaire en 2013. Le déficit qu'il prévoit est de 0,5% du produit intérieur brut, après 0,3% en 2012. Ces dernières semaines, il a multiplié les annonces de dépenses devant s'étaler sur plusieurs années, dans des projets d'infrastructures (11,7 milliards d'euros), dans la recherche (1,3 milliard d'euros) et dans l'insertion professionnelle des jeunes (950 millions d'euros), sans toutefois parler de plan de relance.
Le ministère des Finances a aussi proposé jeudi une déduction fiscale pour les investisseurs qui injecteraient des fonds dans les "entreprises nouvelles et en croissance". Il a précisé qu'il devrait soumettre ce projet à la Commission européenne, ce qui doit permettre de le mettre en oeuvre en septembre 2013.
La Suède est épargnée par les tourments de la crise de la dette qui agite l'Europe. Sa dette publique est sur une pente descendante, et doit tomber à 36,6% du PIB en 2013 contre 37,5% en 2012. Le pays est noté "triple A" avec perspective "stable" par les trois grandes agences de notation internationales. Il emprunte à des taux parmi les plus bas du monde, et le rendement de sa dette est aujourd'hui moins élevé que celui de l'Allemagne.


