Le FMI prône une consolidation fiscale en Belgique
Dominique Strauss-Kahn.
Le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit préoccupé, dans son rapport publié mardi, sur les difficiles négociations gouvernementales en Belgique et appelle le gouvernement à engranger rapidement des excédents budgétaires, "à commencer par un léger surplus en 2008".
Le FMI prévoit une croissance économique de 1,6% pour la Belgique en 2008, en ligne avec le ralentissement de la croissance attendue dans la zone euro. Dans ce contexte, le nouveau gouvernement fédéral doit rapidement faire la clarté sur la politique qu'il entend mener, a-t-il estimé. L'inflation devrait atteindre une moyenne de 2,9% cette année, a encore prédit le Fonds. Les effets de la hausse des prix pour le consommateur seront toutefois tempérés par l'indexation des salaires, constate-t-il.
A l'exception du Fonds mazout, l'institution de Washington met la Belgique en garde contre des mesures qui augmenteraient encore les salaires, "ce qui serait contre-productif". Au contraire, la modération salariale est nécessaire pour garantir la capacité concurrentielle des entreprises et contrer une inflation grimpante, estime-t-elle. Il faut aussi maintenir les mesures d'activation visant les chômeurs et lutter contre le piège à l'emploi, notamment par une extinction progressive de l'allocation de chômage.
Sur le plan budgétaire, le gouvernement ne dispose pas de marges pour accorder des réduction fiscales ou effectuer de nouvelles dépenses. Les régions doivent faire des efforts budgétaires supplémentaires, et viser l'excédent budgétaire de 0,3% du PIB en 2008, souligne le FMI. Il faut également trouver une solution pour le déséquilibre financier entre les niveaux fédéral et fédérés, préconise-t-il.
Mardi, le FMI avait estimé que la croissance mondiale serait encore plus faible que prévu en 2008, en raison de la crise financière, et que ce ralentissement, qui menace particulièrement les Etats-Unis, risquait de gagner les pays émergents. Le Fonds table sur une expansion de 4,1% du Produit intérieur brut mondial (PIB) cette année, soit 0,3 point de moins qu'anticipé jusqu'ici, et seulement de 1,5% aux Etats-Unis (-0,4 point), selon des prévisions révisées. (belga/7sur7)