Un avion A380 d'Airbus a réalisé vendredi un premier vol d'essai partiellement alimenté d'un carburant de synthèse liquide dérivé du gaz, reliant en trois heures le site du constructeur européen de Filton à son siège de Toulouse.
Pour cet essai, seul l'un des quatre réacteurs Trent 900 (celui situé à l'extérieur de l'aile gauche) du motoriste britannique Rolls-Royce était alimenté à 40% au GTL (Gaz to liquids) et 60% au kérosène, les trois autres fonctionnant également au kérosène classique. Le carburant de synthèse a été fourni par Shell.
Plus vert...
"Le comportement de l'avion a été normal. Le moteur s'est comporté exactement comme les trois autres", a affirmé Hugues van der Stichel, l'un des deux pilotes de l'A380 portant sur sa carlingue "Greener, cleaner, quieter, smarter" (plus vert, plus propre, plus calme, plus malin).
En développant cette nouvelle technique, Airbus affirme vouloir réduire la dépendance des compagnies aériennes au pétrole et à son coût de plus en plus élevé. Le coût de ce carburant alternatif reste encore toutefois très incertain, a reconnu Paul Bogers, l'un des représentants de Shell.
Première
"C'est un démarrage d'un grand programme de recherches", s'est félicité le directeur général d'Airbus Fabrice Brégier. "Ce carburant, à partir de gaz naturel, sera disponible relativement prochainement", a-t-il insisté. Ces essais de carburant s'inscrivent dans le cadre d'un accord signé en novembre dernier à Dubaï entre Airbus, Rolls-Royce, Shell et la compagnie aérienne Qatar Airways portant sur l'étude des avantages potentiels de cette alternative au kérosène.
Qatar Airways, propriété du gouvernement de cet Etat du Golfe qui détient 15% des réserves mondiales de gaz compte ainsi devenir la première compagnie aérienne à utiliser ce type de carburant. Dès 2009, elle veut utiliser des appareils alimentés à 50% avec un carburant de synthèse liquide dérivé du gaz.


