Le ministre wallon du Développement territorial, André Antoine, a refusé le permis unique sollicité par la SA La Citadelle pour la construction d'un centre commercial à Farciennes, annonce-t-il ce lundi dans un communiqué.
Lacunes et incertitudes
Suite à une analyse approfondie du dossier, M. Antoine a finalement décidé de suivre le rapport défavorable de son administration et a refusé le permis unique "tant pour des motifs de forme que pour des motifs de fond". Il "déplore que les aspects lacunaires du dossier ainsi que les incertitudes sociales, économiques et environnementales liées au projet de la S.A. La Citadelle, l'obligent à refuser le permis unique", note le communiqué.
Accord des pompiers
Sur la forme, le ministre regrette notamment la non-obtention de l'accord des pompiers et le caractère incomplet des plans joints à la demande de permis (élévations non représentées, types de matériaux non indiqués, absence de plan d'aménagement des abords et des voiries).
Risque d'explosion
"S'agissant d'un ancien site minier, des émanations de gaz se sont échappées lors de sondages réalisés sur le terrain. Aucune analyse n'a été effectuée pour juger l'importance du risque d'explosion", ajoute le cabinet du ministre.
Prescriptions urbanistiques
"De plus, le projet n'est pas conforme en de nombreux points aux options et prescriptions urbanistiques de la zone. En effet, le projet ne respecte pas le rapport urbanistique et environnemental (R.U.E.), le règlement communal d'urbanisme (R.C.U.) et le règlement général relatif à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite. Hormis le fait qu'elles portent sur des points fondamentaux, certaines dérogations à ces règlements n'ont pas été sollicitées et n'ont donc pas été soumises à enquête publique. Ce vice de procédure empêche la délivrance du permis unique", poursuit-il.
Incertitude commerciale
Sur le fond, André Antoine pointe du doigt l'incertitude qui règne sur les enseignes commerciales appelées à s'installer dans le centre. "Le chiffre avancé de 1.119 emplois à créer est difficilement vérifiable étant donné le manque d'information sur le type de commerces prévus. De même, à défaut de renseignements plus précis, il est délicat d'apprécier correctement les réelles incidences environnementales du projet", insiste-t-il encore.
Avis défavorables
Le projet avait été autorisé, le 30 août 2007, par le collège communal de Farciennes malgré les avis défavorables successifs des fonctionnaires de la Région wallonne, de la Commission régionale de l'aménagement du territoire (C.R.A.T.), du Conseil wallon de l'environnement pour le développement durable (C.W.E.D.D.), de la Direction de la politique foncière et de la mobilité, de la Direction de la distribution de l'énergie et du Service régional d'Incendie. Les villes de Namur et Sambreville, le Fonctionnaire délégué de l'Urbanisme, l'asbl Inter-Environnement Wallonie, l'Association des commerçants de Namur, l'asbl Namur 80 et un couple de riverains s'opposaient également au permis. Sept recours ont ainsi été introduits à l'encontre de la décision communale.
Le projet prévoyait un bâtiment principal de 91.229 m², 68.860 m² de commerces et d'établissements Horeca, 188 magasins et établissements Horeca, 4.000 places de parking, 66 appartements, etc. (belga)
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