L'affaire Kerviel fait plonger le bénéfice de la Société Générale

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Par: rédaction
21/02/08 - 10h50

L'affaire Kerviel, ajoutée aux déboires sur les crédits "subprime" américains, a divisé par cinq le bénéfice de la Société Générale en 2007, selon les chiffres annoncés jeudi, alors qu'un rapport interne souligne les lacunes dans son système de contrôle des risques.

Sur le seul quatrième trimestre, la banque française accuse une perte de 3,3 milliards, en majeure partie attribuée aux paris risqués du trader Jérôme Kerviel. Le coût définitif de cette "fraude" présumée, la plus coûteuse de l'histoire de la finance, est de 4,911 milliards d'euros. Le bénéfice net annuel ressort à 947 millions d'euros, soit une chute de près de 82% par rapport à 2006.

Répit
Le contraste est cruel avec le profit record de 7,8 milliards d'euros annoncé la veille par BNP Paribas, qui pourrait en profiter pour acquérir sa rivale à bas prix. Affaiblie, la "SocGen" semble toutefois avoir gagné un répit, BNP Paribas ayant laissé entendre qu'elle n'avait pas l'intention de s'aventurer dans une OPA tant que les conséquences à long terme des récents événements ne seront pas totalement éclaircies.

A la Bourse de Paris, le titre Société Générale gagnait 0,98% à 67,26 euros vers 10h00 GMT, alors que le CAC 40 progressait de 1,27%. Un audit interne, dont les conclusions préliminaires ont été rendues publiques mercredi soir par le Comité spécial désigné par la banque sur l'affaire, pointe des négligences dans le système de contrôle des risques mais confirme la version des faits donnée par la direction.

Comité
"Les conclusions de la mission d'audit interne confirment les principales caractéristiques de la fraude, telles qu'elles ont été présentées le 24 janvier 2008 par la direction de la Société Générale", affirme le rapport. Le comité "s'interdit d'émettre des conclusions à ce stade quant à la responsabilité de la hiérarchie" de Jérôme Kerviel "compte tenu de l'enquête judiciaire en cours, qui ne lui a pas permis de rencontrer" tous les protagonistes de l'affaire.

Mais "à ce stade des investigations, aucune preuve de détournement ou de complicité interne ou externe (...) n'a été constatée", affirme le Comité, alors qu'un courtier de la Fimat, une filiale de la Société Générale, a été placé début février par la justice sous le statut de témoin assisté (statut intermédiaire entre témoin simple et mis en examen).

Contrôles insuffisants
S'agissant des contrôles, "nos travaux ont permis de constater que les contrôles prévus ont été effectués sans toutefois provoquer d'alerte suffisamment forte ou persistante pour permettre d'identifier la fraude avant le 18 janvier", selon cette enquête, qui a mobilisé 40 collaborateurs de l'Inspection générale de la banque. Le rapport déplore "l'absence de certains contrôles qui n'étaient pas prévus et qui auraient été susceptibles d'identifier la fraude", par exemple sur les transactions annulées ou modifiées, une technique à laquelle M. Kerviel a eu fréquemment recours.

Le rapport souligne "l'efficacité et la variété des techniques de dissimulation utilisées" par M. Kerviel mais aussi la responsabilité des opérateurs (des middle et back office), qui "n'approfondissent pas systématiquement leurs vérifications". Ces derniers n'ont pas eu le réflexe d'informer leur hiérarchie de "l'apparition d'anomalies, même de montants élevés". Le Comité préconise "trois chantiers prioritaires": le "renforcement de la sécurité informatique" avec l'utilisation de la biométrie, le renforcement des "procédures d'alerte" de la hiérarchie, et le renforcement du dispositif de prévention "y compris sous l'angle des ressources humaines".

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