Des banques et instituts financiers allemands ont géré des fondations au Liechtenstein et pourraient être mêlés à un scandale de fraude fiscale commise par des Allemands ayant investi dans la principauté.
Ces instituts ont géré une cinquantaine de fondations où ils auraient stocké des millions d'euros sur des comptes, affirme jeudi le quotidien Süddeutsche Zeitung (SZ), sans citer ses sources. Ces banques et instituts auraient donné à certains de leurs clients des conseils de placements dans des fondations du Liechtenstein, et même viré des fonds sur des comptes de la principauté en utilisant des noms codés.
Preuves accablantes
La justice allemande enquête sur un millier de riches Allemands soupçonnés d'avoir dissimulé au fisc quelque quatre milliards d'euros placés au Liechtenstein, considéré comme un paradis fiscal. Selon le SZ, certains d'entre eux risquent la prison ferme, car les enquêteurs disposent de preuves si écrasantes qu'ils n'auront pas besoin de proposer aux suspects un allégement de peine en échange d'informations.
La justice a commencé à exécuter en début de semaine ses quelque 900 mandats de perquisition. D'ici la fin de la semaine, des perquisitions auront été effectuées chez 70 des suspects, précise le SZ citant des sources proches des enquêteurs. Cinq Etats régionaux seraient concernés.
Données confidentielles
Les services secrets allemands (BND) ont reconnu avoir payé entre 4 et 5 millions d'euros à un informateur pour obtenir un DVD contenant les données bancaires confidentielles de centaines de clients du Liechtenstein. Selon la banque liechtensteinoise LGT, les données en question ont été volées en 2002 par un de ses employés, qui a eu le temps de les transmettre à une tierce personne avant d'être arrêté.
Mais le président du BND Ernst Uhrlau déclare disposer aussi de données datant de 2005 et qui proviendraient donc d'un autre vol survenu plus tard, ce que la LGT dément, affirme la Süddeutsche Zeitung en se basant sur des propos tenus mercredi par M. Uhrlau devant l'instance de contrôle parlementaire des services secrets, qui s'est réunie à huis clos.
Chantage
En conséquence, le mystérieux informateur qui s'est manifesté par courriel auprès du BND en janvier 2006 n'est pas celui dont le nom circule dans les médias et qui aurait obtenu les informations de la part du voleur de 2002, assure M. Uhrlau d'après le journal. Le procureur du Liechtenstein avait indiqué mardi qu'un employé de banque liechtensteinois avait tenté il y a quelques années de faire chanter son pays en menaçant de diffuser à l'étranger des informations bancaires confidentielles.
Selon le Wall Street Journal, ce maître chanteur et l'informateur du BND ne sont qu'une seule et même personne, un dénommé Heinrich K. qui se cache en Australie. Le patron du BND a souligné que la personnalité et le passé de l'informateur avaient été scrutés "de manière approfondie" et qu'il ne s'agissait pas "d'un escroc", poursuit le SZ.
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