Le marché belge de la téléphonie fixe reste largement dominé par l'opérateur historique, selon un rapport publié par les services de la commissaire européenne aux télécommunications, Viviane Reding. La part de marché de Belgacom est même en hausse.
"La part de marché de l'opérateur historique a augmenté aussi bien en volume (de 65% à 70%) qu'en valeur (de 67% à 71%), surtout grâce à des tarifs planchers et des offres intégrant plusieurs services. Il semble qu'il y ait de la place pour une concurrence plus effective sur ce marché", analyse la Commission."Seul un concurrent a une part de marché significative (10%), tandis que cinq autres ont une part variant entre 2% et 5% en valeur".
Ces conclusions figurent dans une vaste étude des marchés de télécommunications en Europe réalisée par la Commission. La faiblesse de la concurrence, en particulier dans le domaine de la téléphonie fixe, où les opérateurs historiques déservent encore 86,5% des clients, est l'une des tendances observées.
La progression de l'internet rapide constitue par contre une source de satisfaction pour l'exécutif européen, selon lequel 19 millions de lignes ont été ouvertes en 2007. Avec un taux de pénétration de 26%, la Belgique compte parmi les huit pays de l'UE où l'internet à large bande est plus développé qu'aux Etats-Unis. La Belgique s'illustre aussi par le recours accru à la portabilité des numéros et par la diminution des tarifs de terminaison (les tarifs que se facturent entre eux les opérateurs de téléphonie mobile, ndlr).
Parmi les points faibles, la Commission épingle les incertitudes juridiques liées aux recours systématiques dont font l'objet les décisions de l'IBPT, ainsi que la faiblesse du Conseil de la concurrence. "Les procédures de règlement des différends sont à peine utilisées. Il existe des doutes quant à la capacité du Conseil de la concurrence, en termes de staff et d'expertise, à traiter des affaires de télécommunications", souligne-t-elle.
En novembre dernier, la Commission a présenté un paquet de mesures pour accroître la pression concurrentielle dans le secteur des télécommunications. Il s'agit notamment de renforcer le pouvoir des régulateurs et d'obliger les opérateurs historiques à séparer les activités de gestion des réseaux et de commercialisation des services. Ces mesures sont actuellement discutées par les Etats membres et par le Parlement européen. (belga)


