Alitalia au bord de la faillite

sauvegarder
Par: rédaction
2/04/08 - 22h57
Le président d'Alitalia, Maurizio Prato, a démissionné mercredi soir.

Alitalia était au bord de la faillite mercredi soir après la rupture des négociations avec Air France-KLM et la démission de son président Maurizio Prato, qui avait été chargé de trouver un acquéreur pour la compagnie italienne.

Un conseil d'administration est convoqué pour jeudi "afin de prendre les décisions opportunes", a annoncé Alitalia dans un communiqué.
Les négociations entre Air France-KLM et les syndicats "se sont interrompues aujourd'hui", ajoute-t-elle, et "les conditions pour mettre en oeuvre l'accord conclu avec Air France-KLM ne sont par conséquent pas réunies".

Le président Maurizio Prato, nommé à l'été 2007 par l'Etat italien pour trouver un acquéreur, a remis sa démission. La compagnie est détenue à 49,9% par l'Etat.

Cette rupture est intervenue après le rejet par le président d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, d'une contre-proposition des syndicats en vue de modifier le volet social de l'offre de rachat présentée par la compagnie franco-néerlandaise. Les syndicats d'Alitalia demandaient à Air France-KLM de conserver l'intégralité des activités de la compagnie alors que le groupe franco-néerlandais propose d'abandonner à terme l'activité cargo et une partie de la maintenance. Le plan d'Air France prévoyait la suppression de 2.100 emplois.

"Cette nouvelle proposition, qui conduirait à maintenir dans le périmètre des activités induisant de lourdes pertes, paraît incompatible avec l'objectif d'un retour rapide à la rentabilité", a indiqué Air France-KLM dans un communiqué. "Je prends acte avec regret de la rupture des négociations qui n'est pas de notre fait. C'est un projet auquel je croyais profondément et auquel je continue de croire, parce qu'il aurait permis à Alitalia de retrouver rapidement le chemin de la croissance rentable", déclare M. Spinetta, cité dans le communiqué.

Cet échec plonge la compagnie italienne dans l'inconnu, le ministre de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, ayant prévenu qu'Alitalia serait menacée d'un placement sous administration extraordinaire en cas d'échec. "Si l'offre d'Air France échoue, l'unique proposition d'achat disparaît" et le recours au placement sous administration extraordinaire impliquant une douloureuse restructuration sera inévitable, avait averti plus tôt dans la journée le ministre de l'Economie, Tommaso Padoa-Schioppa, lors d'une audition devant les députés.

Le président d'Alitalia avait fixé à ce mercredi la nouvelle date-limite pour trouver un accord. Alitalia demande un prêt relais de 300 millions d'euros à l'Etat italien pour tenir jusqu'à la recapitalisation d'1 milliard d'euros promise par Air France-KLM en cas de rachat. "Sans conclusion positive des négociations en cours, un prêt relais - même en ne tenant pas compte de son incompatibilité avec les règles communautaires - ne serait pas possible", avait prévenu le ministre de l'Economie.

Alitalia disposait d'une trésorerie de 180 millions d'euros fin février et a retrouvé en mars 148 millions d'euros via des crédits d'impôts et des cessions. Un éventuel placement sous administration extraordinaire entraînerait "une restructuration radicale", bien plus douloureuse qu'une vente à Air France-KLM, avait souligné le ministre.

Alitalia pourrait être placée sous la loi Marzano, utilisée en 2004 lors du krach du groupe agroalimentaire Parmalat. Cette loi prévoit la nomination d'un commissaire extraordinaire chargé d'étudier une éventuelle restructuration du groupe ou la mise en faillite. Les faillites de la suisse Swissair et de la belge Sabena "donnent une idée du sombre scénario que serait une liquidation", a souligné le ministre. (belga)

Votre avis nous intéresse!