Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a réitéré vendredi son opposition au mécanisme d'indexation automatique, en marge d'une réunion informelle des grands argentiers des 27 en Slovénie.
M. Trichet s'est exprimé en ce sens au cours d'une conférence de presse conjointe avec le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, qui n'a pas caché sa divergence d'opinion.
"J'ai un autre point de vue sur la question", a dit M. Juncker, connu pour son franc-parler. "Ce n'est peut-être pas une bonne chose que je contredise le président de la BCE, mais je pense autrement", a-t-il ajouté. Le Luxembourg est, avec la Belgique, le seul pays de la zone euro où la hausse des salaires est liée automatiquement à l'indexation des prix.
Inflation
En dépit de ce couac de communication, les deux hommes ont tous deux affiché leur volonté de combattre fermement l'inflation, qui est, selon les mots de M. Juncker, "l'ennemie de ceux qui ont peu de pouvoir d'achat".
"La lutte contre l'inflation, qui est la mission prioritaire de la BCE, est aussi un combat social", a-t-il ajouté, à l'adresse des syndicats européens. Ceux-ci manifesteront samedi en Slovénie pour réclamer davantage de pouvoir d'achat. L'inflation, qui a atteint le mois dernier 3,5% dans la zone euro, a été le principal sujet de discussion au premier jour du Conseil Ecofin informel, à Brdo, près de Lubljana. M. Trichet s'est montré particulièrement inquiet.
Indexation
"Nous encourageons les gouvernements à faire tout ce qu'ils peuvent, dans leur propre domaine de compétence, pour diminuer les risques que nous observons du côté de l'inflation", en n'augmentant pas excessivement les impôts indirects ou les prix administrés et surtout en prônant la modération salariale, a-t-il dit.
Le président de la BCE a visé particulièrement les pays où l'indexation des salaires est automatique. Un tel système est à ses yeux inacceptable dans une union monétaire telle que la zone euro. M. Trichet s'est également référé à la gestion du choc pétrolier de 1973 et 1974, où les salaires ont été augmentés pour compenser l'inflation, provoquant selon lui une perte de compétitivité des entreprises et une hausse du chômage.


