Nouveau record du pétrole à 112 dollars
Le prix du baril de pétrole a dépassé pour la première fois les seuils des 112 dollars à New York et 109 dollars à Londres mercredi, dopé par une chute inattendue des stocks pétroliers aux Etats-Unis et un nouveau glissement du dollar, monnaie dans laquelle est vendu le brut.
Après être monté jusqu'à 112,21 dollars, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai valait 111,60 dollars vers 17H25 GMT sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Il avait ainsi bondi de plus de trois dollars par rapport à son niveau de clôture de la veille. Son précédent record absolu (111,80 dollars, en séance) remontait au 17 mars.
Réserves en baisse
A Londres à la même heure, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait 108,94 dollars, en léger repli par rapport au niveau historique des 109,50 dollars atteint quelques minutes auparavant. Les cours du pétrole se sont enflammés mercredi après la publication de l'état des réserves pétrolières américaines, ressorties en très forte baisse à la surprise générale.
Les stocks de brut ont en effet fondu de 3,2 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis, ceux d'essence -très regardés à l'approche de l'été, période de grands déplacements- de 3,4 millions de barils, tandis que les réserves de produits distillés ont diminué de 3,7 millions de barils. Les Etats-Unis sont le premier consommateur mondial d'or noir.
Besoins
"Les investisseurs s'attendaient à une reconstitution des stocks et c'est tout le contraire qui s'est produit, d'où les nombreux achats", expliquait Antoine Halff, analyste au cabinet Newedge Group. Pour l'analyste, cette flambée des prix devrait se poursuivre car la demande internationale de brut, notamment dans les pays émergents, est forte.
"Les pays d'Amérique du Sud, qui se préparent à entrer dans l'hiver, ont besoin de brut pour alimenter leurs centrales électriques. Ils ont de nombreux problèmes d'électricité", arguait M. Halff. Par ailleurs, le dollar s'est de nouveau effondré mercredi face aux principales devises, à plus de 1,58 dollar pour un euro. L'affaiblissement de la monnaie américaine pousse les investisseurs possédant d'autres devises à se ruer vers les marchés des matières premières pour se prémunir de l'inflation.