Le taux d'inflation de la Belgique sera supérieur à la moyenne de la zone euro en 2008, selon les prévisions économiques de printemps de la Commission européenne. Le taux belge devrait s'établir à 3,6%, contre 3,2% dans la zone euro.
En 2007, l'inflation avait été plus modérée en Belgique (1,8%, face à 2,1% en moyenne), mais elle subira cette année de plein fouet l'augmentation des prix des aliments transformés et de l'énergie. La Commission épingle en particulier le rôle des "principaux fournisseurs de gaz", qui ont "mis en oeuvre de larges augmentations de tarifs". Et de préciser que "les coûts de distribution du gaz et de l'électricité ont été augmentés, ce qui devrait se traduire par un taux d'inflation supérieur à la moyenne européenne".
"La transmission graduelle de ces prix plus élevés vers une large gamme de biens et services devrait résulter en une inflation toujours relativement élevée en 2009, à 2,3%", a insisté l'exécutif communautaire. La Commission se montre moins explicite sur l'indexation automatique des salaires, que n'hésite pas condamner, de son côté, la Banque centrale européenne (BCE). Pour le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, les salaires belges "n'ont pas connu une évolution substantiellement différente des autres pays qui n'ont pas l'indexation".
"Je me suis fait expliquer un peu le système belge d'indexation", a admis lundi M. Almunia, qui en a livré une analyse moins critique que le président de la BCE, Jean-Claude Trichet. Le commissaire espagnol a notamment souligné qu'"on exclut (de l'index) une partie des produits qui créent des tensions sur les prix", comme les carburants. "On ne peut pas généraliser les critiques contre les systèmes d'indexation. Il faut voir comment ils sont conçus, comment ils sont appliqués et les effets qu'ils produisent", a-t-il poursuivi.
L'essentiel, selon Joaquin Almunia, est le maintien des salaires "en ligne avec la compétitivité". Les prévisions économiques de printemps de la Commission détaillent par ailleurs les perspectives sur le marché du travail en Belgique. "Le taux d'emploi a continué de croître rapidement en 2007, reflétant l'impact positif d'une activité économique soutenue, mais aussi la création d'un grand nombre d'emplois subsidiés, avec le système des chèques-services", est-il précisé.
La croissance de l'emploi devrait toutefois se ralentir cette année, ainsi qu'en 2009. Le taux de chômage, qui a baissé régulièrement entre 2005 et 2008 (de 8,4 à 7,3%) devrait par conséquent remonter légèrement à partir de l'an prochain. Les prévisions de la Commission sont disponibles sur internet à l'adresse http://ec.europa.eu/economy_finance/eu_economic_situation/eu_economic_situation5857_en.html
(belga)
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