Les syndicats étaient d'accord pour les fouilles
Tous les syndicats ont approuvé la mesure instituant les fouilles du personnel de La Poste destinée à lutter contre la disparition d'envois, a indiqué jeudi le représentant syndical André Blaise (CSC-Poste).
"Tous les syndicats ont donné leur accord lors de la commission paritaire pour mettre ces fouilles en place. Nous avons décidé d'autoriser ces contrôles parce que les vols ne concernent qu'une infime minorité du personnel, or nous ne voulons pas que cette minorité malhonnête jette l'opprobre sur tous les hommes et les femmes qui travaillent à La Poste. Les voleurs n'ont pas leur place à la Poste", explique André Blaise.
Le syndicaliste précise que les contrôles seront "suffisants, pertinents et modérés" et que chaque personne quittant son lieu de travail sera susceptible d'être fouillée, "y compris les cadres et les délégués syndicaux". Cette mesure concernera, dans un premier temps, uniquement les centres de tri, mais elle sera par la suite appliquée dans tous les sites de La Poste.
"Les contrôles se feront dans un local prévu à cet effet, par des agents de surveillance agréés de même sexe que le collaborateur contrôlé", poursuit André Blaise. Il ne serait toutefois pas question de fouille au corps, le contrôle ne concernant que les biens que la personne porte sur elle, contenus dans son bagage ou dans son véhicule.
Le porte-parole de La Poste, Alfred Lens, met l'accent sur la dimension de collaboration des fouilles. "La personne contrôlée est invitée à montrer ce qu'elle a sur elle. Il ne s'agit pas de fouille au corps, mais d'invitation à montrer ce qu'on a sur soi, c'est-à-dire vider ses poches et montrer le contenu des sa mallette. Cela demande un effort de collaboration. Si la personne contrôlée refuse de collaborer, nous ferons appel aux forces de l'ordre", explique le porte-parole.
Les contrôles, qui seront d'application dès cette semaine, se font à la sortie des bâtiments. "Ce ne sont pas les agents de sécurité qui décideront des personnes à contrôler, mais un système automatique", précise Alfred Lens. Toutefois, une personne suspectée de vol pourra être contrôlée sans que le système ne l'ait désignée.
Cette nouvelle mesure a été adoptée et intégrée dans le règlement de travail avec l'accord de tous les syndicats et du Conseil national du travail. Elle ne poserait d'ailleurs pas de problème d'atteinte à la vie privée. "C'est une mesure de protection qui est déjà d'application dans le secteur des opérateurs logistiques en Belgique. Il faut accepter ce genre de dispositif quand on travaille pour une firme logistique", conclut Alfred Lens. (belga/7sur7)