Une caution d'un million d'euros a été imposée dans le cadre du contrôle judiciaire de l'ancien coprésident d'EADS, Noël Forgeard, inculpé dans la nuit de jeudi à vendredi pour "délit d'initié", a-t-on appris vendredi de source proche du dossier.
M. Forgeard a été mis en examen (inculpé) et placé sous contrôle judiciaire après 35 heures de garde à vue dans les locaux de la brigade financière à Paris. Les juges considèrent qu'il y a des "indices graves et concordants" laissant penser que M. Forgeard a financièrement tiré partie d'informations privilégiées sur le groupe d'aéronautique et de défense, fin 2005 et début 2006, en vendant pour 4,3 millions d'euros de stock-options peu avant la chute du cours en bourse.
Outre le versement d'une caution d'un million d'euros, le contrôle judiciaire de M. Forgeard lui interdit d'entrer en contact avec son ancien directeur de cabinet. Cet ancien directeur de cabinet, un homme de 51 ans, également chargé du suivi de l'activité de l'avionneur Airbus chez EADS, a été récemment entendu durant une trentaine d'heures par des policiers de la Brigade financière de Paris dans le cadre de l'affaire.
Il ne fait pas partie de la liste des 17 dirigeants d'Airbus et d'EADS à qui l'Autorité des marchés financiers a envoyé des griefs pour avoir "manqué à une obligation d'abstention" en vendant leurs stock-options en novembre 2005 et en mars 2006 alors qu'ils détenaient des informations privilégiées. Ce dirigeant aurait cependant vendu lui aussi "quelques stock-options" à cette période et sur lesquels il a eu notamment s'expliquer au cours de sa garde à vue.


