Que faire des avions à leur mort ?

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Par: rédaction
31/05/08 - 14h24

Que faire des avions à leur mort? Les constructeurs aéronautiques, qui s'étaient jusqu'ici peu posé la question, s'en préoccupent désormais de plus en plus, comme l'illustre l'initiative d'Airbus présentée au Salon aéronautique de Berlin.

D'ici 20 ans, plus de 6.000 avions civils de plus de 100 places seront retirés du marché. Actuellement, les appareils obsolètes sont le plus souvent abandonnés dans des déserts (comme celui de Mojave aux USA) ou sur des aéroports, découpés dans des conditions très critiquables en termes de sécurité et de protection de l'environnement, n'autorisant qu'un recyclage et une valorisation très partielle des composants.

Longue vie
Les avions vivent entre 35 et 40 ans, commençant souvent leur carrière au départ de pays riches pour finir par le fret dans des pays plus pauvres aux réglementations sécuritaires moindres. En raison de cette durée de vie extrêmement longue, leurs propriétaires se trouvaient jusqu'ici peu confrontés à leur élimination. Il n'existe d'ailleurs en Europe aucune réglementation spécifique pour faire disparaître les avions, contrairement aux voitures, dont les fabricants sont désormais soumis à un régime sévère.

Voyant la fin de ses premiers appareils proche, Airbus a décidé de piloter un projet baptisé PAMELA (Process for Advanced Management of End-of-Life of Aircraft), lancé en mars 2005 et achevé en novembre 2007. Pour un montant de 3,3 millions d'euros (dont 30% subventionné par l'Union Européenne), Airbus, Sita, filiale du français Suez environnement et EADS Sogerma, filiale de EADS --maison mère de Airbus-- ont décliné 16 scénarios de démantèlement d'un A300B.

Démontage
Parmi les principaux défis à relever, Olivier Malavallon, chef de projet PAMELA, a cité la taille de l'appareil et la quantité encore très faible de machines à faire disparaître --ceci ne permettant pas de générer des solutions industrielles de grande ampleur.

En démontant par nature de matériaux les différents éléments de l'avion, ce qui dure entre quatre et six semaines en moyenne, Airbus affirme pouvoir revendre 85% de ses appareils, dont 70% des pièces seraient soit réemployées, soit recyclées. Seuls 15% devraient donc être enterrés. "On découpe au jet d'eau car les réservoirs avec des résidus de kérosène dans les ailes pourraient s'enflammer si l'on utilisait un chalumeau par exemple", a dit M. Malavallon.

Coût
Actuellement, certains ferrailleurs démontent un avion en deux ou trois jours à la pelle, et ne peuvent donc que revendre 30 à 40% de l'engin. Pour mener ce démontage, Airbus et ses partenaires vont ouvrir en septembre à Tarbes une plate-forme, destinée à retraiter n'importe quel avion civil.

"Actuellement, le coût du recyclage varie entre 30.000 et 150.000 euros en Europe, du fait du coût assez élevé de la main d'oeuvre. Ce qui fait que l'opération est financièrement tout juste équilibrée dans cette zone", note M. Malavallon.

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