La problématique de la baisse du pouvoir d'achat, provoquée par la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires, a poussé ces derniers mois les consommateurs à modifier leur comportement de consommation et à diminuer leurs dépenses dans une série de domaines, révèle jeudi une étude réalisée auprès de 600 consommateurs par le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs (CRIOC).
L'étude du CRIOC, intitulée "Les consommateurs et la perte du pouvoir d'achat", montre que la baisse du pouvoir d'achat et la pauvreté représentent le premier sujet de préoccupation des consommateurs, plus d'une personne sur deux (53%) citant ces deux thèmes, devant les problèmes institutionnels (l'éclatement de la Belgique, 26%), le chômage (6%), le niveau de l'impôt (6%) ou le réchauffement climatique (3%).
Concrètement, "la baisse du pouvoir d'achat a un impact réel" sur les gens, note l'étude, puisque près d'un consommateur sur trois déclare avoir diminué au cours des 6 derniers mois ses dépenses en matière d'alimentation (28% des sondés), de sorties au restaurant ou au café (29%), en matière de voiture (34%), d'habillement (33%), de télécommunication (30%), d'entretien, de rénovation de son logement (30%) ou encore d'énergie (35%).
En outre, un consommateur sur 4 indique avoir coupé dans ses dépenses de loisirs (cinéma, sport, ...), de voyages, d'électroménager et de soins corporels (coiffeur, beauté, hygiène) alors que plus d'un consommateur sur 5 (22%) avoue avoir diminué ses dépenses en matière de tabac ou d'alcool. S'agissant des dépenses liées aux soins de santés, ils sont 14% à avoir diminué leurs dépenses de médicaments ou leurs dépenses relatives aux frais d'honoraires chez le médecin ou le dentiste.
La baisse de pouvoir d'achat a également une influence sur le comportement des consommateurs. Ainsi, 7 sondés sur 10 déclarent avoir réalisé des économies d'énergie à domicile, notamment en diminuant le chauffage ou en utilisant des lampes économiques. Un consommateur sur 2 dit réaliser moins d'économies, choisir des produits de consommation bon marché, des marques moins chères ou de produits en promotion et 4 consommateurs sur 10 affirment limiter les sorties, loisirs et voyages, établir des menus afin d'économiser et de limiter le gaspillage.
Ils sont la même proportion (4 sur 10) à acheter moins et à changer leurs habitudes de déplacement, en privilégiant le vélo et les transports en commun ou en effectuant moins de trajets. A noter que 13% des consommateurs indiquent se rendre à l'étranger pour acheter des produits réputés moins chers, comme du tabac au Luxembourg ou des boissons en France.
"Mais tous les consommateurs ne sont pas égaux devant cette baisse du pouvoir d'achat", poursuit le CRIOC. De manière générale, on constate que ce sont surtout les ouvriers et les revenus les plus modestes qui réduisent le plus leurs dépenses, à l'inverse des catégories socio-professionnelles plus favorisées. En Flandre, la baisse du pouvoir d'achat semble moins affecter la population qu'en Wallonie et à Bruxelles. "Un taux de chômage différent par région peut sans doute expliquer cette perception", conclut l'étude du Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs. (belga)
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