Quelque 27.000 mécaniciens de Boeing se sont mis en grève après l'échec des négociations de dernière minute entre leur syndicat et la direction, paralysant la production du géant américain de l'aéronautique.
"Des pourparlers sous l'égide d'un médiateur entre l'International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAM) se sont terminés aujourd'hui (vendredi) sans parvenir à un accord sur un nouveau contrat salarial couvrant près de 27.000 employés", a précisé Boeing.
"Ces deux derniers jours, Boeing, le syndicat et le médiateur fédéral ont travaillé dur pour essayer de bonne foi de trouver des voies vers un accord. Malheureusement, les désaccords étaient trop profonds pour que les positions puissent se rapprocher", a déploré le PDG des avions commerciaux Boeing, Scott Carson. La grève doit débuter à 00H01 samedi (09H01 HB).
Livraisons
"Pendant l'arrêt de travail, Boeing va aider ses clients et leurs avions en service. La compagnie va continuer à livrer des appareils qui étaient déjà terminés avant la grève, ainsi qu'à livrer des pièces de rechange aux clients", selon l'entreprise. En revanche, de même source, "Boeing n'a pas l'intention d'assembler des avions pendant la grève". L'IAM représente environ 16% du salariat de Boeing.
Ce mouvement social risque de porter un coup supplémentaire au nouveau long courrier de moyenne capacité, le 787 "Dreamliner", gros succès commercial mais victime de retards à répétition, et qui n'a pas encore effectué son premier vol, plus d'un an après sa présentation en grande pompe.
Pas d'accord trouvé
Dans la nuit de mercredi à jeudi, les mécaniciens de l'IAM, syndicat très influent, avaient voté à 87% pour la grève en signe de protestation contre le nouvel accord salarial triennal proposé par le groupe. "Boeing n'a pas répondu à nos attentes", avait affirmé IAM. Néanmoins, à la demande des médiateurs fédéraux, la grève avait été mise entre parenthèses, laissant deux jours aux deux camps pour tenter d'arracher un accord de dernière minute.
Le risque pour Boeing est d'autant plus grand que les mouvements sociaux menés par l'IAM sont traditionnellement durs: la dernière grève, en 2005, avait duré un mois et avait grevé le bénéfice annuel de 300 millions de dollars. La facture pourrait être encore plus lourde cette fois-ci, les clients du 787 risquant de réclamer des indemnités compensatoires pour les retards de livraison.
Près de 900 exemplaires ont été commandés, un chiffre annonciateur d'un succès commercial sans précédent. La direction de Boeing assurait, en proposant 34.000 dollars supplémentaires par employé sur trois ans, avoir mis sur la table "le meilleur ensemble de salaire et d'avantages de l'industrie aérospatiale". Pas suffisant, répondait l'IAM, qui réclame plus de garanties sur la sécurité de l'emploi, l'assurance-santé, le salaire et le plan de retraite.


